Il manque au rhétoricien au sens classique une dynamique du texte.
Les effets intermittents des procédures figurales sur écran nous interdisent d'en rester à une description seulement taxinomique des catégories rhétoriques (paratexte, intertexte, mé
tatexte, architexte...): nous ne maîtrisons plus de part en part ce qui se passe, ce qui arrive par l'écriture hypertextuelle (mais n'est-ce pas déjà le cas pour toute écriture, le numérique nous obligeant de voir aujourd'hui clairement ce qui se présentait là, sous nos yeux, depuis toujours...).
Des objets virtuels traversent sans cesse - et dans l'instant - le corps des textes de la Solution; et c'est tout le régime d'écriture et de lecture qui change, ne serait-ce que parce que nous prenons notre parti des oublis successifs mais nécessaires de toute lecture courante, même lorsque le critique professionnel croit illusoirement contrôler l'intégralité du sens et des intentions de ce qu'il lit et analyse.
L'hypertexte ne peut pas être dans ces conditions une simple figure rhétorique parmi les autres. Peut-être ne prétend-elle même pas les subsumer sous la totalité hégémonique de ses opérations. Elle est indiscutablement en charge des relations extérieures du texte circonscrit (ce que Genette désigne par le terme de transcendance du texte) et nous assigne à la prise en compte immédiate de la dynamique du texte. Elle engage ce faisant la nature complète de l'écriture, dépassant par là même les seuls enjeux rhétoriques de sa fonction.




















