Journal de l'Hypertexte philosophique HYPERTEXTUAL

  • Ce site cherche essentiellement à répondre à la question: Qu'est-ce qu'un hypertexte ? Il est une introduction à l'Hypertexte principal accessible sur Hypertextual.net

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? Damien Guinet
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mercredi 21 novembre 2007

Ce titre n’est pas un titre

Titre_pas_titre

Quelle que soit sa forme grammaticale ou syntaxique, le titre d’un texte dans un site ou sur un blog fonctionne comme son nom propre. C’est, dirons-nous, la loi du genre.

Pour développer l’arborescence d’un site, il faut des titres, des parties bien identifiées, des sous-parties balisées à propos desquelles aucune ambiguïté n’existe. Un peu comme dans un livre ; mais sous certains aspects davantage que dans un livre : non seulement le titre fournit au texte qu’il désigne son identité mais il lui permet désormais d’être référencé, classé ; à savoir retrouvé sur les principaux moteurs de recherche, communiqué à ceux qui souhaitent y avoir accès par la mention des balises correspondantes. Inscrit à part le texte mais à l’intérieur de son espace, le titre singularise le texte ; et comme tout nom propre permet à chacun d’en parler, de le commenter dans sa dimension virtuelle ou actualisée. Sans titre, nous sommes incapables de rendre un texte contextuel et a fortiori hyper-textuel ; nous nous révélons incapables de distinguer  extérieurement un texte d’un autre. Le titre d’un post dans la Base, plus encore que l’attribution à un nom propre d’auteur sur Internet, devient l’opérateur principal de la normalité et de la légalité des contenus.

Or ce statut est très ambigu : en nommant le texte qu’il intitule, le titre fait partie de la textualité désignée tout en s’en tenant rigoureusement à part (essentiellement pour des raisons pratiques de référencement et de désignation informatique). Il le coupe en deux au sens propre. Le titre se détache du texte qu’il désigne, comme tout nom propre par rapport à la personne à qui il appartient, tout en maintenant fermement sa participation à son intégrité. Il est, dans la mesure où il habilement taggé pour le référencement, l’opérateur et l’opéré à la fois. Il est la loi comme l’illégalité obligée dans le même mouvement. De sorte qu’il participe des textes qu’il s’agit de lier entre eux comme il s’en émancipe.

Le titre sur les réseaux qui le propose à la lecture, agit finalement comme un acronyme. Il est d’essence hypertextuel dans son fonctionnement. Plus que jamais, il révèle la structure essentiellement duale de toute textualité. Sa structure clivée implique que la loi de désignation qu’elle représente se fasse hors du contexte légal de cette loi, dans un moment où le titre se fait hors la loi du genre, hors de lui-même et qu’il en reste dessaisi.

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    mardi 20 novembre 2007

    Idéalité rétentionnelle

    Musique_compositeur_imagination

    Un objet textué peut être plusieurs fois ré-investi par la conscience en découvrant à chaque lecture/écoute/entente une perception différente de l’objet pourtant resté identique…

    La troisième écoute de la Cinquième de Shostakovitch ne me procure ni la même impression ni la même reconnaissance des motifs principaux que lors de la première écoute. Le sens et les significations que j’accorde au même objet textué se modifient donc ; comme si mon imagination intervenant au cœur de la perception produisait un décollement de la signification imaginaire prêté à l’objet vers une certaine forme d'idéalité rétentionnelle. Un travail de l’imagination élaboré sur l’objet qui surprend ce que pourtant je connaissais déjà, qui déroute et modifie mon écoute, comme si ce que j’attendais venait contrefaire étonnamment mon attente, la sur-prenait définitivement dans la mise en œuvre de mon plaisir esthétique.

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  • lundi 19 novembre 2007

    Structure du flux de la conscience

    Husserl_phnomnologie_phnomne

    En un sens, la question métabologique procède de la problématique phénoménologique elle-même.

    Il faut partir du flux de conscience dans lequel le phénomène se constitue chez Husserl: celui-ci est animé, mobilisé par la forme que vise la conscience à travers le phénomène. La question suivante serait précisément de savoir en quoi consiste cette mobilisation et quelle est sa nature...

    La forme dans les Leçons de Husserl est une pro-jection vers ce qui fait encore défaut au flux en quête incessante de son unité. Or c'est la structure en devenir de cette projection, de ce mouvement qu'il s'agit d'atteindre à travers l'abord des différentes modalités de sa transformation. On devine que Husserl n'accorderait aucun crédit à cette orientation: pour lui, toute transformation quelle qu'elle soit s'impose nécessairement comme manipulation/instrumentalisation de la Science (voir La Crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale). Seule une éidétique comme visée de l'idéalité des phénomènes reste susceptible de saisir l'unité du flux de la conscience et des objets qui la forment. Toute autre délimitation théorique sur la question du mouvement du flux par exemple serait  inadéquatement interprété comme "technicisation" de l'idée philosophique.

    Pour sortir de cette impasse, il s'agirait donc de poser une nouvelle strate de la totalité du pensable en la structure philosophique de la métabole (mouvement, transformation, modification, métamorphose etc.). C'est là le sens de la visée métabologique du pensé, indépendamment du niveau phénoménologique, ou bien encore ontologique de l'Être/étant.

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    Bernard Stiegler à propos du temps chez Heidegger

    Bernard Stiegler

    Posted Jun 01, 2007

    French philosopher Bernard Stiegler talks about Heidegger and death in the documentary "Der Ister."

    dimanche 18 novembre 2007

    Paratexte et signification

    Bibliotheque_livre_texte Le template hypertextuel est une forme privilégiée de paratexte dans l'écriture et la lecture courante. Et cette forme paratextuelle intégre les énoncés présentés en une nouvelle forme de signification pour le lecteurhypertextuant.

    En effet, la limite matérielle d'un énoncé est habituellement plus ou moins marquée, plus ou moins conscientisée; mais comme instruction et guide de lecture, cette limite labile et changeante - imposée par le template - participe d'un mouvement très déterminé: par son inscription mobile, le lecteur identifie un texte comme unité de sens.

    Le dehors et le dedans s'articulent par conséquent grâce au template que le scripteur présente à ses lecteurs. De la même manière, le contexte (parmi l'ensemble des énoncés sélectionnés par l'algorithme) s'articule sur l'inscription. La théorie de la signification qui s'impose ici, profondément inspirée par Castoriadis sur le plan de son institution imaginaire, est donc de nature intégrationnelle: l'unité de base n'est pas l'énoncé en tant que membre de la Base de données principale (l'énoncé d'ores et déjà identifié et classifié par un effort d'abstraction intellectuel dans la Solution) mais bien l'énoncé repris et placé chaque fois dans son nouveau contexte créé.

    L'énoncé, délimité par le paratexte, reconnu par intégration des différents fragments, devient l'énoncé tel qu'il se présente au lecteur en état de marche (pour paraphraser Roy Harris); en somme l'énoncé déjà au travail dans une entreprise d'écriture et de compréhension commune.

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  • samedi 17 novembre 2007

    Idéalité diffractée des formes hypertextuelles

    Diffraction_identit_duplicit

    Une page-écran appelle une autre page-écran, un lien engage nécessairement un autre lien dans l'écriture numérique... et ainsi de suite.

    La relation ambivalente qui associe de manière complémentaire, parfois antagoniste et soudain exclusive la transformation de la forme hypertextuelle et la substitution nécessaire des signes, la modification qualitative de l'écriture sur écran et le remplacement programmé des significations, l'opposition des idéalités et en même temps leur rapport fonctionnel dans le calcul algorithmique - cette relation ambivalente donc, interdit à toute figure de pensée dans l'hypertexte de se correspondre à elle-même, de se poser en une identité définitivement repérable et synchrone.

    Le paradoxe, c'est évidemment que cette identité impossible apparaît, se manifeste constamment sur écran en une figure unifiée et clairement identifiable pour le  lecteur...

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  • vendredi 16 novembre 2007

    Les photos de Barthes ne prouvent rien

    Barthes

    Roland Barthes considère l’image, et tout particulièrement l’image-photographie comme un certificat de présence.

    Pourtant, nous savons maintenant à quel point la moindre photo peut être systématiquement mise en scène, voire manipulée : on peut même à la limite douter méthodiquement de son authenticité. Si le moindre cliché relève dans sa présentation d’une reconstruction événementielle – quelle qu’elle soit – il n’atteste donc plus nécessairement un instant intime, une réalité qui fut présente mais plus prosaïquement un procès passé, un événement en train de se faire et qui fut relevé. Si un cliché apparaît en effet dans toute la valeur de son instantanéité, il prouve alors que, hors contexte, il s’avère dépourvu de sens et de toute signification.

    Le complexe texte-image (ou bien encore image-texte) n’atteste donc pas d’une présence passée dont il suffit a posteriori de déchiffrer le sens. Tout au plus s’agit-il de l’attestation d’un acte de captation où toute le monde se trompe ou peut être trompé – le photographe qui expose sa photo à côté d’un texte dont il ne maîtrise pas la saisie, le photographié qui n’aucune idée de l’effet photographique produit (et encore moins de la signification qu’un texte pourrait fournir à la prise), enfin le spectateur/lecteur qui pourrait bien être le dernier à comprendre l’effet de présentation générale dont il est l’objet.

    L’image ne peut donc être la preuve d’un réel antérieurement saisi ; elle n’est que l’indice d’un jeu dont personne ne maîtrise l’évolution par-devers les différentes relations intersubjectives qui sont posées.

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    jeudi 15 novembre 2007

    Daltonisme des faiseurs de livres

    Iconographie_photographie_multimedia_2 L'idéalisme antique, notamment le platonisme canonique, valorise l'intelligible du monde. 

    Or l'intelligible tue l'iconographisme spontané du sujet connaissant.

    Les penseurs de l'époque moderne poussent la logique de cette relativisation de la réalité sensible en renforçant la subjectivité abstraite du sujet connaissant (idéalisme transcendantal de Kant et idéalisme objectif de Hegel). Le crédit en l'extériorité du monde est bientôt réduit dans sa totalité à de l'intelligible. Le livre dans sa matérialisation épurée des signes sur la page blanche participe fortement de ce mouvement d'idéalisation du monde.

    De sorte que croire aux mensonges de l'idéalisme philosophique classique, c'est se montrer aveugle aux images colorées de ce qui est à connaitre. Aux photos, vidéos et aux sons. La page grise suffit à faire croire en la prééminence donnée à des formes abstraites ou représentations mentales sur la réalité, qu'elle soit expérimentée ou qu'elle soit inconnaissable; ces formes étant comme l'essence des caractères certains du réel, qui est alors réduit à une dimension accessoire, voire illusoire.

    L'écrivain, au sens classique, devant sa page blanche, est daltonien.

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