Nous partons, toujours et encore, du fait, que ne sachant pas ce à quoi un texte correspond (savoir ce qu’est un texte devient peu à peu une question sans solution, sans projet en matière linguistique comme en pragmatique) nous pouvons cependant imaginer une axiomatique de l’hyper-texte qui correspondrait à une véritable Logique formelle et transcendantale, au sens qu’Husserl donnait autrefois à ce terme. Le texte tiendrait ensuite ses déterminations de cette Algorithmique universelle, purement idéale…
Voyons où nous mène cette hypothèse (en sachant pertinemment que tout le programme de la déconstruction a profondément ré-orienté le projet husserlien d'une science ultime des idéalités). Interrogeons d’abord l’hypertexte sur la conception des unités de sens qu’il convoie, c’est-à-dire non pas sur la théorie du langage que sa pratique soutiendrait mais sur les éléments discrets qui rendent sa lecture, écriture et énonciation possible. A quoi correspondraient ces unités de sens capables de relier par une série d’articulations une véritable Logique hypertextuelle des principes ?
Une axiomatique des objets textués s’envisage lorsqu’elle se comprend à partir de ces unités de sens, de signification. L’hyper-textualité a ceci de remarquable par rapport à la seule idéalité du texte qu’elle semble correspondre dans son fonctionnement à une axiomatique susceptible d’être développée en une véritable méthode ; et celle-ci nous renseigne fort utilement sur la nature d’un hypertexte en termes de calcul, d’hypothèses et de structures opérantes utilisant ces unités de significations hypertextuelles.
Nous sommes encore
là dans la nécessité de rejeter toute théorie formelle du texte qui emprunterait ses normes à une science particulière du langage et même de l'Informatique théorique, des mathématiques qui la formalise etc. Car une telle axiomatique manquerait à l’exigence d’universalité (qu’est-ce que l’universel ?) à laquelle doit répondre toute Logique théorétique pure. Tout recours à un genre particulier du savoir emporterait avec lui une matérialité suspecte dont les unités de sens de l’Axiomatique hypertextuelle doivent être exemptes.
Quoi qu’il en soit, la seule possibilité de principe d’une telle Approche passerait prioritairement par l’examen des constituants ultimes du langage hypertextuel. Savoir si une caractérisation complète de ces constituants est possible est une autre question. Une définition analytique de ces éléments doit probablement être impossible compte tenu du caractère indiscernable, complexe, magmatique de leur nature. Mais cette impossibilité ne doit pas pour autant nous contraindre dans l’élaboration d’une algorithmique qui viendrait formaliser logiquement toute pratique hypertextuelle des discours.
La question véritable est : comment formuler un hypertexte ayant du sens, à partir d’éléments significationnels des textes (phonétiques, graphiques, logiques) dépourvus d’une ultime caractérisation identitaire (ensidique dirait Castoriadis) de leurs fonctions ?




















