La rhétorique au sens classique se présente comme une théorie des déplacements, des transports des figures de style dans un texte.
Selon Catherine Malabou dans « La contre-allée », la rhétorique tout entière peut s’envisager comme une théorie du voyage.
La métaphore est le cas tropique le plus familier qui inscrit le détour et le transport en son nom même (métaphore signifie littéralement transport) et ouvre la langue, à même la langue, la condition voyageuse.
Or que peut encore signifier "voyager" dans un espace mondial saturé de géolocalisation électronique ? Que peut encore vouloir dire "écrire" et rendre compte de nos expériences voyageuses dans un monde où la narration n'a plus le ressort de la distance et du temps - et où le lointain a définitivement perdu la séduction que les poètes lui prêtent ?
Par delà nos pérégrinations, nous nous intéressons toujours davantage aux transformations subjectives et objectives que les voyages induisent. Même si les chemins empruntés sont désormais définitivement balisés. Qu’est-ce qui nous transforme lorsque nous partons ? Quels changements se produisent en nos âmes au cours d’un long voyage ? Quelle métabole nous affecte ?
Ulysse est-il vraiment le même malgré les apparences lorsque de retour à Ithaque il tue tous les prétendants ? Les mots pour le dire au terme de l’Odyssée sont-ils encore les mêmes que pour décrire et se figurer la Colère d’Achille au début de l’Iliade ?
Retrouvez ce post traité par huit algorithmes différents dans La Métabole Rejoignez le Journal de l'Hypertexte en anglais (posts du jour différents de ceux ici présents) - Hypertextopia l'Hypertexte Tous les eBooks accessibles sur Phonereader.GoogleBooks Entrez dans la Bibliothèque pour readers mobiles de Phonereader.eu
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Jean-Philippe Pastor
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