Nous sommes d'abord face à une transformation de l'écriture et de sa pratique qui engage un nouveau rapport entre la pensée et le mouvement de l'écrit.
Le travail de la langue sur elle-même se fait en temps réel, sous nos yeux: la pensée passe immédiatement dans le travail de la langue sur la langue. Et un nouveau lieu d'écriture est créé, un lieu d'écriture d'où on ne peut plus distinguer entre le lent travail du concept et celui, infiniment plus vif, de la vie sur l'écran. Encore que ce vif peut faciliter la lenteur conceptuelle et la déplacer sur un autre registre pensant...Sait-on jamais: il s'agit aujourd'hui de transformer la langue de la philosophie et non pas seulement créer de nouveaux concepts dans des formes d'écriture vides et sans effets.
Finie la figure spéculative, universitaire et réflexive du philosophe philosophe? Doit-on à partir de cette évolution adopter une attitude anti-philosophique pour mieux penser? Ne plus se singulariser comme philosophe (à l'image de toute une tradition post-nietzschéenne au XXème siècle qui se défie de Platon) mais pour des raisons aujourd'hui tout à fait différentes (puisque le grand Retour Platonicien s'annonce comme un moment-phare de la pensée du XXIème siècle). Pourquoi a-t-on encore tant de mal à se comprendre comme philosophe et à se dire dans la philosophie - surtout pour nous français pour lesquels la Philosophie est d'abord grecque puis allemande (idéalisme du XIXème).
La pensée française de la deuxième partie du XXème siècle est-elle de nature philosophique?
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Jean-Philippe Pastor





















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