Dans un livre numérique, l’écriture en ligne ne peut pas être l’objet d’une volonté délibérée.
Elle s’affirme au gré du temps comme une distraction du vouloir, un désœuvrement qui se donne à penser comme une expérience à vivre. Autrement dit, on la manque si on en forme le projet explicite, si on la force - si l’enjeu devient ouvertement « communicatif ». L’accord du scripteur et du lecteur semble d’autant mieux réussi qu’on ne se le propose pas : l’absence de prosélytisme et d’engagement dans la démonstration littéraire évite précisément le gel des empathies.
Dans cet accord inattendu des participants – s’il y en a, le libre-arbitre de chacun ne perd cependant pas ses droits : l’esprit de décision surgit, contemporain de l’expérience de l’écriture, lavée du soupçon d’être l’illusoire croyance d’un scripteur inconscient des véritables mobiles qui le font écrire ce qu’il écrit.
De sorte que l’écriture devienne en fin de compte comme une chance, un essai hors de toute volonté didactique ; et ne cherche plus finalement à avancer sans autre ambition que cette seule volonté d’arriver.
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