Dans un livre numérique, les liens sont pris dans un système textuel à l’intérieur duquel chaque lien renvoie nécessairement à un autre dans l’ouvrage, c’est-à-dire aux autres liens par construction systématique de renvois (un index de ces liens peut être proposé quelque part dans le livrel).
Dans la mesure où l’hyperlien ne correspond jamais tout à fait à la description qui en est faite lorsqu’il est activé – que celui-ci soit descriptif ou inférentiel (voir cette distinction dans mon textel Qu'est-ce qu'un lien hypertexte inférentiel?…) - la connexion entre les termes doit s’inscrire dans une série de marques où chaque élément porte la trace de tous les autres. Autrement dit, nous avons affaire dans l’hypertexte à une chaîne d’hyperliens dans laquelle les renvois successifs se laissent soumettre à un certain nombre de substitutions non synonymiques, selon la nécessité occurrente de la page du livrel prise dans son contexte.
A partir de l’établissement objectif de cette série, énonçons quelques principes qui déterminent le fonctionnement des hyperliens dans un hypertexte.
D’abord rappelons que la série des liens qui se succèdent dans un hypertexte compte parmi ses éléments le plus grand nombre, sinon l’intégralité des termes que l’hypertexte peut comprendre dans l’intégralité du texte : et ceci en vertu du principe fondamental de la tropicité du langage (d’aucun dirait de sa métaphoricité) qui permet à chacun des termes du texte de se comprendre comme une figure et de créer à partir d’elle de nouveaux liens.
Ensuite, la série des hyperliens dans un livre numérique est, et devient pour des raisons ressortant clairement de ce qui vient d’être dit, essentiellement ouverte. Elle peut toujours à tout moment s’étendre dans la Base des hyperliens en ajoutant un nouvel élément, lequel aura toujours, de toute façon, déjà virtuellement appartenu à cette même série ;
Il résulte de ces deux premiers principes que les éléments de la série gardent une relation raisonnée entre eux, mais que cette relation n’est en aucun cas, synonymique. La série se présente plutôt comme une juxtaposition de termes de même sens ou de sens très proche, approchant dans cette opération une figure consistant à accumuler plusieurs expressions rapprochées afin d’atteindre une même notion, une même idée avec davantage d’acuité : soit donc rhétoriquement une métabole, à savoir une transformation du sens dans la description peut s'ensuivre, altérant par là même parfois l'idée originellement exprimée.
Reste à déterminer ce qui différencie une métaphore d’une métabole ainsi que les rôles respectifs que ces tropes jouent dans l’élaboration dynamique de l’hypertexte …
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