Une métabole fait suivre plusieurs termes quasi-synonymes dans une phrase pour exprimer une même notion, en cherchant à mieux l’atteindre dans son idée adéquate : Il se fit beau, beau, mais beau…ou bien encore : Ô rage ! Ô désespoir.
Cette répétition dans la marque manifestement progresse dans l’expression, ce qui la distingue de la simple redondance ou de la pure tautologie. Elle peut donc être considérée comme une figure générique, base des tropes de construction qui résident dans un jeu sur la disposition de termes ou de groupes syntaxiques se succédant, comme l'anacoluthe par exemple (rupture soudaine et inattendue dans la construction de la phrase) etc. Par ce jeu dans la répétition, de sensibles transformations et de réelles modifications viennent à se créer: la métabole désigne toute espèce de changement dans l’expression, sans même parfois que le jeu des différences entre termes quasi-équivalents n’intervienne (lorsqu'un lien est créé dans un hypertexte, le terme choisi n'est même pas redoublé dans son inscription littérale, il est seulement marqué pour qu'un (r)envoi potentiel soit activé vers un autre textel). La métabole la plus économique qui soit s’effectue alors sans élément différenciant principal. Elle reste "pure" de toute ré-inscription dans son redoublement hypertextué. Ce qui n’empêche en rien la gradation de transformer parfois l’intégralité du sens originairement exprimé par le contexte, sans que le jeu de la différence et de la répétition ne joue un rôle décisif dans le changement effectué.
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