L'imagination, pour autant qu'on puisse la considérer comme une faculté à part entière, ne procède pas de la sorte: l'inimaginable, a priori son contraire le plus évident, semble paradoxalement ressortir de l'imagination, sans qu'aucune position dialectique ne vienne contrarier la particularité de son genre; du moins dans le type d'oppositions susceptibles de structurer le champ de l'imaginaire dans ce qu'il recèle de plus inventif.
Car que serait une imagination seulement capable de produire l'imaginable au sens le plus trivial et le plus prosaïque du terme, c'est-à-dire l'image la plus convenue sans que l'imagination productive au sens fort ne vienne précisément la sublimer vers l'inimaginable ?
En un certain sens, la métabologie voudrait être une exploration raisonnée de l'imagination. Sa limite d'investigation comme condition heuristique de l'analyse, se heurte nécessairement à son contraire supposé, l'inimaginable, dans la mesure où celui-ci semble vouloir en procéder; et ceci afin de vérifier, confirmer l'imagination comme authentique faculté de création; comme si l'imagination au sens propre devait nécessairement ré-inscrire son "contraire", son dehors, l'inimaginable, pour attester de sa véritable nature. Comme si l'imagination ne pouvait pas comprendre la totalité de son champ à l'aide des concepts issus de ce champ, comme si elle avait besoin d'une extériorité dans sa signification pour coïncider avec elle-même.
Cependant, l'inimaginable à son tour ne peut logiquement s'inscrire dans le domaine circonscrit de l'imagination pour vérifier la vérité de son trait. Son altérité semble telle qu'aucune faculté rationnelle ou imaginative ne soit capable de participer à son intuition, ou son invention: car elle paraît correspondre à ce qui justement ne s'invente pas, ne peut pas s'inventer, l'initiative ou l'inventivité de sa manifestation ne provenant que d'elle-même.
Nous sommes donc là devant une aporie qui nous contraint à prendre le problème sous un angle inédit: qu'est-ce que ce milieu sans profondeur, unité et même localité dans lequel des transformations se produisent; un milieu sans passage, non médiatisant et non médiatisable qui a finalement du mal à être désigné comme imagination productive, reproductive ou a fortiori transcendantale? L'imagination n'a rien d'une faculté au sens kantien (faculté des intuitions a priori). Elle est comme le topos véritable des métamorphoses, des modifications insoupçonnables et des changements sans reste, sans savoir quoi que ce soit de leur origine et de leur fin.
Rejoignez le Journal de l'Hypertexte en anglais (posts
du jour différents de ceux ici présents) -
Connectez-vous
sur hypertextual.net l'Hypertexte Principal de la Solution
-
Tous les eBooks accessibles sur Phonereader.GoogleBooks
Entrez dans la Bibliothèque pour
readers mobiles de Phonereader.eu
Jean-Philippe
Pastor
Bookmark this on Delicious
métabole
hypertexte





















