" Vivre à l'époque d'une phase radicale de notre Histoire consisterait à adopter une position paradoxalement inobservable,
impossible dans sa forme comme dans son fond "...
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Les images sur internet,dans leur style comme dans leur contenu, se transforment peu à peuà l’écran. Elles actualisent un certain nombre de possibles imaginaires qui entrent dans la catégorie du programmable. Elles ne deviennent virtuelles qu’à partir du moment où elles viennent surprendre, voire contrefaire l’ordre codique de l’hypertexte. Partant d'une actualisation des possibles dans la pleine réalité de leur enregistrement, certaines images virtualisent soudain une processualité qui n’avait pas été prévue dans l'organisation liminaire de la Base de données. Inimaginables du point de vue du programme initial, et donc impossibles à faire apparaitre dans la suite normalisée de la Solution, elles apparaissent singulièrement comme des images-souvenirs venues de nulle part, venue de topoï renvoyant précisément à l’ordre d’une certaine virtualité des effets.
Dès lors, le mouvement des figures se succédant à l'écran cesse d’être simplement translationnel à la manière d'un portfolio ou d'un diaporama. Il devient mouvement d’expression pourl’hypertexte tout entier. Il est rapporté à un moment hautement privilégié et survalorisé de l’expression. Au contraire des déplacements banalisés des images multimédias qui actualisent à l’inverse leur sens et leur signification à des instants quelconques de leur manifestation.
Mais dans la mesure où l'image en temps réel de l'objet prend le pas sur la chose représentée, sa manifestation devient une pensée avec laquelle il faut compter - en admettant que sa simple possibilité, de toute manière, passe l’imagination. La manifestation de l’image virtuelle, qui n’a rien d’artificiel, de faux ou de construit, se laisse donc approcher à partir d’un présupposé fondamental : à partir du moment où nous ne sommes plus tenus de choisir entre ce qui se conçoit possiblement dans l’hypertexte (tout ce qui est potentiellement actualisable) et ce qui, de toute façon, reste hors l’imagination - ce qui se présente comme virtuel et impossible à imaginer comme type d’image manifestable.
Lorsque l’image virtuelle parait (dans la mesure où elle peut venir à exister…), sa présentation dans le temps présent renvoie au même moment à une sorte de passé paradoxalement contemporain de sa manifestation. Il y a toujours comme un air dedéjà-vu, de déjà-vécu dans le soudain de l’image qui vient à nous surprendre. Et sa pure virtualité ne semble pas devoir être actualisée dans la mesure où cette image-souvenir se confond avec l’image présente actuelle. Elle ne relève pas d’un certain état psychologique de celui qui la regarde devant l’écran mais de la seule dimension temporale qui la caractérise dans son inattendu.
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Le textel envoyé sur la timeline apparaît d’un coup d’un seul sur l’écran.
Il tombe là comme par chance, comme par hasard. Chaque envoi paraît comme un vrai fortune-telling tweet ! Mais à quoi correspond ce hasard ? Comment comprendre cette apparition soudaine, banalisée, induite dans le flux continu des listes accueillant le message et le dépassant aussitôt dans le Grand Oubli de la Mémoire totale des réseaux sociaux d’Internet ?
Le lecteur tombe dessus à la manière d’une chute qui vient de se produire. Dans les messageries, il y a toujours ce petit effet de surprise et de plaisir à la fois au moment où le message apparaît sur la page. Un peu à la façon d’une association très connue d’une partie de la science moderne par exemple, inaugurée par la fameuse pomme de Newton et sur laquelle la plupart des grandes découvertes scientifiques à l’ère moderne se sont faites …
C’est à la faveur de ce support à la fois volontairement exhibé et en même temps totalement crypté (l’intégralité du textel ne figure jamais dans la mention : il n’y a souvent que le titre et l’adresse internet écourtée permettant d’y accéder) qu’une certaine signification des choses se promet à nous. Mais avant d’en venir à la teneur du message et a fortiori du message lui-même, c’est la vérité du système de communication permettant l’envoi qui se révèle au lecteur : la vérité du textel comme crypté (le secret confiné dans l’envoi va s’ouvrir une fois le textel déchiffré), le cryptage apparaissant comme la vérité de l’envoi (la vérité pour l’instant dans la mention se présentant sur la timeline comme indéchiffrable dans son contenu total).
Faute ou excès d’adresse, l’envoi sur le réseau se prête ainsi à tomber sur tous les écrans, à apparaitre sur la page de toute la communauté adressée, il tombe finalement dans tous les dispositifs de lectures fixes ou mobiles imaginables. Même si ce que j’ai à dire à quelqu’un en particulier est tout à fait indéchiffrable pour tous les autres…Le textel mentionné réunit ici cryptage et déchiffrement, secret et vérité, en son support glacé, furtif et léger…
Le textel affiche la vérité de ce qu’il contient (en général ce que nous lisons sur le tweet correspond à ce qui est promis une fois que nous cliquons sur le lien) et, en même temps, il garde cette vérité dans une sorte d’oubli bientôt totalement avéré. Il reste ensuite comme le rappel incessant d’une reproduction possible du dilemme initial (j’ouvre ou je n’ouvre pas?) ; mais cette mention du textel bientôt passée dans la timeline ne pourrait subsister qu’à la condition de correspondre au moins à la bonne adresse, au bon cryptage (imaginez un peu si ce que je vous dis dans le textel est un message personnel entre vous et moi, un contenu que nous serions les seuls capables de déchiffrer…) . Il faudrait encore pour que le contenu soit totalement compris que l’adresse de l’envoi sur votre timeline soit retenue – ne serait-ce que pour venir vous demander plus tard, à vous, et à vous seuls, ce que finalement le message initialement personnel contenait.
Au final, la destination ou la détermination de la vérité du textel ne vient pas : il y a toujours un autre textel (ou tweet) pour remplacer l’autre, en avance sur le temps d’apparition du précédent, annulant le temps de lecture de chacun comme si le prochain en savait toujours davantage que celui dont on déchiffre maintenant le contenu. L’anticipation détourne alors le sens du message initial, qui à son tour et en son temps avait lui-même déjà gravé cette anticipation dans son écriture, et ainsi de suite…En toute logique, il n’y a donc pas de communication possible, il n’y a même pas la possibilité d’un seul envoi- car un textel dans son unicité ne pourrait pas exister de manière autonome. Il y a plutôt des communications ou des envois. Il n’y a même pas le pluriel comme vérité du textel (non pas une multiplicité de multiplicités mais des multiplicités de multiplicités). Le message est toujours déjà mis dans le « ainsi de suite » du textel à venir, celui que le précédent avait déjà promis.
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Dire la multiplicité du jaune et de ses nuances avec un seul mot
est une gageure totale.
L'iconographe-scripteur (ou le scripteur-iconographe...) multiplie les comparaisons et le réseau des métaphorespour obtenir un rendu approchant de toutes ces modalités colorées en jaune.
Mais las !
Le mot, la photo, la vidéo - et même le son - sont trop pauvres pour approcher la prégnance d'une perception d'un jaune incomparable et inoubliable, un jaune capable de provoquer une émotion chez certains auteurs comme Hugo von Hofmannsthal, quasi-érotique...
L'écritureen est rendue à porter le deuil de ce jaune absolu que l'infographiste veut saisir et qui, comme Eurydice, disparaît...
dès que le mot ose le regarder en face. Le poète sur son écran avait rêvé de se confondre avec la couleur fascinante capable de l'absorber totalement.
Mais l'échec de cette absorption où le subjectif - qu'on croyait avoir exorcisé
Un des énoncés primordiaux concernant la métabolicité caractéristique du texte numérique (transformation, modification, plasticité, métamorphose de l’écriture contemporaine…), pourrait être entendu de la manière suivante:
« Je ne peux écrire sur le caractère transformable du texte numérique sans dépendre simultanément de ses propres effets - et ceci au moment même où je rends compte et raison des propriétés rhétoriques de ces effets sur une page d’écran ».
Nous nous trouvons là en quelque sorte dans une situation proche de celle de la métaphore à propos du texte au sens classique : on ne peut poser le concept de « métaphore » dans un texte - et en chercher une définition adéquate - sans être devant la nécessité de considérer la dimension métaphorique de ce même concept au moment de son énonciation. Ce qui suppose maintenant pour la figure rhétorique de la métabole se trouvant dans une position énonciative équivalente, la résolution d’un problème théorique insondable : la rhétorique de l’énoncé primordial précédemment exposé commente de manière parallèle à la métaphore la tension entre la vérité simple qu’elle exprime (la métabolicité essentielle de l’écriture sur écran) et l’écart logique que cette vérité présuppose (je ne peux dire cette propriété de l’écriture numérique qu’à la condition de l’exprimer sous l’empire de l’effet rhétorique qui l’inscrit). Or ce qui importe là, ce n’est pas seulement comme pour la métaphore le rapport entre le contenu et la forme empirique de l’énoncé mais ce qu’il advient de ce rapport dans-et-par la génération de la lettre sur l'écran. Ce qu’il commande, ce qu'il produit, ce qu’il engage, plutôt que ce qu’il constate.
Voyons précisément de quelle manière.
Au départ, cet énoncé dit l’implication de la métabole comme figure rhétorique dans l’élaboration d’un discours qui se donne comme finalité le traitement de la métabolicité du texte numérique dans toute sa généralité. C’est-à-dire la mise en forme théorique d’une écriture où un tel discours est capable de se construire malgré/grâce à cette seule condition.
L’énoncé dit à la fois la métabolicité de l’écriture en elle-même mais aussi ce qui se traduit littéralement dans-et-par l’écriture. Car ce qui s’écrit, c’est aussi ce qui se fait, c’est-à-dire ce qui change au fur et à mesure que l’écriture s’engage et se transforme sur l’écran. Dès que j'écris, ce que j'écris s'est déjà transformé. En faisant usage de certains tropes que la langue met à sa disposition, l’auteur du discours indique dans le traitement rhétorique du texte, par l'effet d'un jeu de modifications infinies, un certain paradoxe dans l’exercice en cours :
Il se rend compte que traiter de la rhétorique de l’écriture numérique, c’est aussi traiter cette écriture de manière rhétorique par ses transformations. Ce que nous percevons de manière évidente aujourd’hui par l’emploi incessant que nous faisons dans un hypertexte des procédés multimédia, logiciels, figuratifs disponibles dans les logiciels de « traitement de texte ».
L’arrangement du verbe « écrire » laisse ici rayonner ce qu’il en est du propre de l’écriture numérique : il en va d’un certain performatif qui s’exprime dans le texte au moment où la lettre apparait à l’écran.
Pourtant, si la seule prise en compte de la dimension rhétorique du discours s’arrêtait là, nous nous en tiendrions à la confirmation du cercle tautologique que l’énoncé primordial impose. Nous nous en tiendrions à une étude raisonnée de la métabole comme simple figure de style spécifique. Nous en viendrions alors à cerner sans a priori ce qu’il en est de sa sémiologie, sa sémanticité, son ontologie etc. Nous aurions comme objectif d’écrire tout un Livre à son sujet. En vérité, en se déliant de l’énoncé primordial précédemment exposé, l’écriture s’apaiserait peu à peu dans les pages-papier se succédant, tenues par la reliure, loin de l’intranquillité con-temporaine à laquelle pourtant son exercice se doit.
Or manifestement, dans l’écriture courante d’un hypertexte,il n’en va pas ainsi : l’écriture se fait.
Le cercle se brise. Les textels se multiplient et se lient sans arrêt de la Base qui les projette du serveur au Réseau qui les reçoit. Ce qui ressort de cet exercice n’est pas la stricte identité d’un discours rassuré qui se borne à un certain nombre de constats, libre de faire état des résultats avantageux de ses recherches et de ses avancées positives. Ce qui en résulte au contraire concerne le devenir inquiet d’une écriture qui se cherche sans cesse dans-et-par-le-changement qu’elle produit. Ce n’est pas qu’il s’agisse d’en arriver à l’établissement d’un énoncé qui tiendrait tous les autres dans une sorte de vérité fondamentale ; il s’agit plutôt d’entendre cet énoncé à partir du principe qui lui donne toute sa relève.
En définitive, il n’est pas acceptable de vouloir parvenir dans la langue à une adéquation qui viendrait accomplir un projet « philosophique » abstrait : celui consistant à s’entretenir doctement de « l’auto-transformation de la lettre » dans l’écriture hypertextuelle contemporaine. Vouloir parvenir en somme à la mise à découvert d’une écriture littérale dont les changements dans les procédés de mise en forme textuelle auraient été effacés. La frontière ne passe pas entre une écriture qui s’en tiendrait aux procédés rhétoriques qui la gouverne (s’adapter aujourd’hui aux contraintes arbitraires de l’écriture sur le web) et un discours qui, au final, en révèlerait toute la vérité littérale (écrire un beau Traité bien construit sur la rhétorique de l’hypertexte dans un livre bien complet). Le travail la concernant met plutôt au centre de son intérêt vital le partage mobile, métabolique, infiniscent qui se fait entre la logique de l’écriture se transformant et la rhétorique en cours qu’elle découvre…
Entre le Textel supplémentaire et le Livre à venir, il est déterminant, avec méthode, de ne pas savoir choisir.
Metablog Journal de l'Hypertextehttp://metabole.typepad.com/jean_philippe_pastor/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertextehttp://metabole.typepad.com/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertexte: métabolehttp://metabole.typepad.com/jean_philippe_pastor/mtabole/page/3/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertextehttp://www.metabole.typepad.com/mediumtrue
La méthode employée pour approcher les objets textués qui font “ la richesse des réseaux ” comprend l'indubitabilité de leur manifestation sur les écrans d'ordinateurs; mais sans s'engager pour autant dans la certitude et la caractérisation " des choses, des événements, des causes " qui pourraient être à l'origine de cette phénoménalité particulière. C'est tout le problème de la référentialité des événements numériques qui se pose là.
La méthode ici mise au point n'a d'autre but ni d'autre légitimité que d'accéder à l'apparition des phénomènes qui se produisent sur le réseau. Elle laisse derechef en suspens les questions relatives à l'intentionnalité des événements survenant en ligne; elle ne se prononce pas sur ce que les acteurs aperçoivent par l'emploi de telle ou telle capacité perceptive. Il s'agit d'atteindre dans son transfert même la manifestation - à travers, malgré, voire même sans les éléments perceptifs qui l'ont conduit à l'indubitabilité de ce qui se manifeste sur les moniteurs de réception. Il faut bien comprendre que dans ce que j'avance en termes de phénoménalité, la distinction entre écouter, sentir,voir etc. n'est thématisée (et thématisable) qu'à partir du moment où la perception se fixe a posteriori dans une détermination subjective de son emploi, c'est-à-dire la perception subjective comme ce qui vient par la suite filtrer, interprèter et informer la production manifestée de l'objet textué.
A ce stade, il faut se rendre compte que le mouvement d'apparition (le transfert) de ce qui se manifeste sur un terminal domine la manifestation.
Il dirige cette manifestation; et par cette direction, les particularités subjectives de ce qui se produit par tel ou tel sens n'importent plus essentiellement : que je le voie, l'entende ou le sente (et l'Internet déploiera dans l'avenir le spectre exhaustif de tout ce que nos sens permettent en matière de saisie sensorielle), c'est toujours le mouvement du phénomène qui m'advient d'abord dans toute la performance de sa manifestation; et qu'elle ne m'advienne ainsi que déformée, informée par la logique que le réseau impose, n'empêche pas que cette performance m'arrive dans le mouvement même de son apparition; cette in-formation, ce filtrage et même ce manque - dans les cas où l'intuition sensorielle en vient à être totalement dévoyée - ne se marquerait pas, si elle ne présupposait pas le mouvement du phénomène numérique initial.
L'extension de la numérisation des sens et des affects sur l'Internet est une tendance lourde de l'internet mobile. Le privilège actuel et provisoire de la vision dans l'utilisation du réseau sur les terminaux ne devient donc déterminant qu'une fois manqué le privilège - seul décisif - du mouvement d'apparition de l'événement numérique au sein même de son apparence sensible.
L'étendue du privilège de ce mouvement, transformation, transfert constitue l'affaire propre de la métabologie et n'en admet pas d'autre.
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algorithmes différents dans La métabole -
La charte graphique passe inaperçue par le fait même qu’elle montre.
En jouant sur les propriétés de notre système visuel, elle fait glisser l’attention du lecteur vers le centre de l’écran et, par-là même, se voue à l’oubli. Pour définir sa fonctionnalité en matière de lecture, il faut imaginer la matérialité d’une partition opérée sur la page.
En découvrant un élément particulier du template, le lecteur isole une unité pleine, porteuse de contextes virtuels probables. Le lecteur produit par ailleurs du vide, du blanc et du manque qu’il s’applique ensuite mentalement à remplir. A partir de la charte graphique adoptée, l’activité inférentielle redouble autour de la question : pourquoi cette partition ? Pourquoi est-elle effectuée à cet endroit et à ce moment là du développement hypertextuel courant ? En quoi les contenus et la sémantique des textes en sont-ils modifiés ?
La forme divisée du template, qu’elle s’inscrive en plein ou en creux, sollicite l’esprit, qui construit le sens en s’efforçant sans cesse de recomposer cette forme initialement fracturée.
Située entre le dedans et le dehors de l’hypertexte, la charte graphique est une sorte d’invitation à se poser des questions sur les rapports qui unissent l’intérieur à l’extérieur du Texte. Elle joue un double rôle : elle permet de focaliser l’attention sur un élément particulier de la page actualisée mais elle sollicite également l’attention divergente du lecteur vers la relation entre l’inscription courante des textes et leur contexte d’insertion.
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D'un point de vue des Idées, l'hypertextualité ne dépend en rien de l'innovation technologique. On ira pas plus loin en matière d'expression "hypertextuelle" parce qu'on inventera de nouvelles applications informatiques. Celles-ci donnent au langage de nouvelles possibilités dans ses performances mais dépendent de toute façon de la tropicité originaire de l'écriture. Car les usages du langage sont à la lettre performatifs, quelle que soit l'innovation technologique qui vient oppotunément le faire fonctionner.
Le texte à lui seul développe ses potentialités hyper-textuelles dans la mesure où il est toujours et d'abord abyssal dans sa structure. Il est prêt à faire ouvrir les espacements qui le constituent, ceux qui se forment entre lui et les autres textes qui se métabolisent à partir de lui, mais également toutes les articulations qui composent le langage même, les écarts par lesquels l'énonciation s'effectue.
L'espacement qui constitue l'énoncé permet la structure d'une articulation entre différents niveaux de signification. Une structure par définition abyssale du fait que le signe s'ouvre, en se composant, à un autre propre à lui-même. Dès lors s'effectue à même le texte, et sans que la technologie en soit la seule dispensiatrice, l'emprunt d'un double ou de multiples accès, comme une espèce d'hypertextualisation d'une même surface signifiante.
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Dans notre modernité radicale, l'actualité en temps réel de l'objet textué prime sur les questions de présence/absence qui formalisaient encore il y a peu la logique audiovisuelle de l'objet médiatique.
A l'ère précédente de l'image, ce qui importait consistait essentiellement dans le choix du direct ou du temps différé de la re-transmission. C'était encore la présence/reproduction du passé immédiat ou lointain qui impressionnait l'objet médiatique en tant que tel. Sur le réseau cette problématique a laissé la place à celle de l'actualité/virtualité du programme. Ce n'est plus la re-présentation de l'objet qui impose sa logique mais celle de la construction actualisée de celui-ci par l'invention info-vidéographique du Logiciel installé. C'est le voir (comme le comprendre ou l'entendre) qui est synthétisé et non plus seulement l'image re-produite.
L'automation de la perception (si loin de l'approche phénoménologique) n'a plus besoin d'appareils de capture ou d'enregistrement des datas externes pour fonctionner. L'entendement est construit en boucle sur lui-même pour agencer non seulement la présentation de l'objet mais également (et surtout) sa manipulation à distance sur l'écran.
Ce n'est plus la mémoire vive de l'objet qui détermine sa fonction (avec toutes les conditions temporelles que cette détermination exige) mais le futur imminent de la constitution en temps réel de ce même objet qui ordonne son parcours: un parcours imprévisible, inattendu sevré de la re-présentation du passé qui dictait encore récemment à l'image la dialectique de son histoire.
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Le template, comme tous les vecteurs d'attention de l'hypertexte, doit être pensé non seulement en termes métaphoriques, tropiques (pour ce qui concerne les questions grammaticales, syntaxiques de l'écriture courante) mais aussi en termes métaboliques pour les aspects liés à l'image que la page d'écriture renvoie au lecteur à l'écran: transformation entre le dedans et le dehors du Texte, modification entre l'énoncé et le discours général, changement entre l'aspect sémiotique et l'orientation pragmatique de l'écriture.
Aussi, vouloir définir définitivement et à l'avance les composantes paratextuelles de l'hypertexte semble une démarche inopportune - et ceci dans la mesure où une définition canonique du paratexte figerait dans l'absolu ce qui est voué incessament au changement, à la modification et à la transformation imagée de la page..
Le problème du template constitue bel et bien le lieu changeant de remise en question théorique de l'écriture hypertextuelle dans un livre numérique.
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L’hypertexte serait-il par rapport au texte ce qu’est l’image par rapport à la chose ?
On imagine habituellement que l’hypertexte, dans la mesure où il appartient au monde du multimédia, est une sorte de langage qui, plus que ce qu’un texte comprend, accueille prioritairement des images. Il y a là en effet comme une transformation fondamentale qui va de la page-papier à la page-écran – d'autant que cette métamorphose comporte, comme c’est habituellement le cas, la reproduction d’un certain nombre de représentations non scripturales précédemment inscrites sur la page d'un livre.
Or l’hyper-texte n’est pas essentiellement hypertexte parce qu’il comprendrait des objets multimédias qui ne figureraient évidemment pas dans un texte repris sur une page-papier. L’hyper-texte, au contraire, a ceci de remarquable qu’il met le texte à la puissance n – et ce faisant, dans la nature du texte numérique qu’il compose, rien, dans l’absolu, ne devrait partiellement y faire " image de " dans l’ensemble continu des significations qu’il convoie. il est en état d'hyper-signifiance, ne renvoyant qu'à lui-même sans autre référence extérieure à son propre fonctionnement.
Nous devrions plutôt voir les choses autrement : est-ce que dans l’hypertexte le langage lui-même ne devient pas tout entier image ? Non pas un langage qui comprendrait des images et mettrait en scène des objets multimédias particuliers; mais un langage qui serait entièrement sa propre image, image du langage textuel au sens le plus courant, image du langage – non pas langage comprenant des images occasionnellement reproduites à même le texte mais langage véritablement imaginaire, langage au plus près des significations imaginaires que tout langage dans un texte habituellement présente ; un langage hypertextuel en somme qui se parle à partir de sa propre absence, comme l’image apparait à partir de l’absence de la chose qu’elle prétend a posteriori imager.
Dans l’hypertexte, le langage hypertextuel semble devenir totalement sa propre image. Et cette imagene serait la reproduction d’aucun objet préalable ; elle serait originairement une image sans aucune subordination par rapport à une chose qu’elle serait textuellement dans l’obligation de reproduire.
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Jean-Philippe Pastor: Jacques Derrida ou le prétexte dérobé / Moonstone << Le mercredi 10 février 1999 - Paris, 17 heures, heure à laquelle le séminaire de Jacques derrida commence au 105 Bd Raspail de l'EHESS - je me suis mis à lire un texte auquel le maître de cérémonie n'avait accordé aucun imprimatur... >>
Ce livre sur Castoriadis (Devenir et temporalité I) interroge les thématiques les plus reprises du grand philosophe, en s'efforçant d'assumer l'héritage de son maître livre " L'Institution Imaginaire de la Société".
La modernité radicale, telle qu'elle s'impose désormais à la communauté citoyenne mondialisée, inaugure pour nos contemporains une attitude tout à fait paradoxale... Télécharger:
Les anciens Grecs ont-ils développé une pensée du devenir (genesis, kinésis, métabole) capable d'interroger et de mettre en défaut l'ontologie traditionnelle jusqu'à Heidegger ? Télécharger:
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Hypertextual s'organise comme un Tout textuel dont l'unité dépend de plusieurs modalités littéraires. Ce sont les principes de fonctionnement de l'Hypertexte qui sont ici présentés. Télécharger: