D'un point de vue des Idées, l'hypertextualité ne dépend en rien de l'innovation technologique. On ira pas plus loin en matière d'expression "hypertextuelle" parce qu'on inventera de nouvelles applications informatiques. Celles-ci donnent au langage de nouvelles possibilités dans ses performances mais dépendent de toute façon de la tropicité originaire de l'écriture. Car les usages du langage sont à la lettre performatifs, quelle que soit l'innovation technologique qui vient oppotunément le faire fonctionner.
Le texte à lui seul développe ses potentialités hyper-textuelles dans la mesure où il est toujours et d'abord abyssal dans sa structure. Il est prêt à faire ouvrir les espacements qui le constituent, ceux qui se forment entre lui et les autres textes qui se métabolisent à partir de lui, mais également toutes les articulations qui composent le langage même, les écarts par lesquels l'énonciation s'effectue.
L'espacement qui constitue l'énoncé permet la structure d'une articulation entre différents niveaux de signification. Une structure par définition abyssale du fait que le signe s'ouvre, en se composant, à un autre propre à lui-même. Dès lors s'effectue à même le texte, et sans que la technologie en soit la seule dispensiatrice, l'emprunt d'un double ou de multiples accès, comme une espèce d'hypertextualisation d'une même surface signifiante.
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