Journal de l'Hypertexte philosophique HYPERTEXTUAL

  • Ce site cherche essentiellement à répondre à la question: Qu'est-ce qu'un hypertexte ? Il est une introduction à l'Hypertexte principal accessible sur Hypertextual.net

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? Damien Guinet
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inattendu

vendredi 09 mai 2008

Métabole from the poets

Dionysos The word metabole is employed by Aristotle in his definition of peripety (Poet. 1452a 22-23), which Anton F. Harald Bierl, Dionysos und die griechische Tragödie.1991) regards as somehow connected with Dionysus.

He is tempted by the thought that Aristotle borrowed it from the poets, or at least that it belonged to a dramaturgical vocabulary that had already sprung up by the time of HF (143 n. 88, 225). This word, Bierl thinks, signals metatragically the critical moment when the action is about to take a sudden turn (it does just that at the conclusion of the third stasimon, 815ff.). The mad Heracles is characterized in Dionysiac imagery (esp. 889-98, just before he kills his children). According to Bierl, Heracles unites the two sides of Dionysus: he reflects the positive, cultic side of the god in the first half of the play, where he is the embodiment of Bacchic hope in the eyes of his loved ones, and the negative, mythical side in the second half, where he becomes their murderer.

In sum, an evocation of the Dionysus in his theatrical dimension might

(a) serve as a dramaturgical signal, a device to prepare the audience for a subsequent turn of events. It might

(b) induce the audience to experience vicariously the optimism of the dramatis personae (e.g. of the chorus in Sophocles' plays) by calling forth the "positive" cultic context. It might

(c) call attention to the operation of tragedy, especially the sudden reversal, which Aristotle called peripety; theatrical metalanguage (e.g. metabole [HF 735], eleos and phrike [Phoen. 1284-87], phroimion [HF 753]) can suggest the tragic principle of sudden reversal. Finally, it might (d) cause the audience to reflect on the theatrical illusion (Hel., cf. Cho., IT) or on the value of the theater for the polis (Bacch. does this by dramatizing, through the monitory example of Pentheus, the breakdown of theatrical communication).

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  • mardi 15 avril 2008

    Vérité, déconstruction et logique des magmas

    Decons

    La déconstruction avance que la détermination d’un événement à venir, situé au-delà des mesures ordinaires de ce que l’on sait, finira par régler par le haut ce qui vient.

    C’est une manière de penser qui admet donc l’excès sur ce qui est, mais comme effet transitoire d’une ignorance relative et circonstancielle d’une multiplicité « suprême » qui, selon elle, finira par advenir. Elle n’admet donc pas l’excès comme une des lois métabologiques majeures de ce qui vient; elle en espère toujours une langue philosophique complète, tout en admettant qu’aujourd’hui nous n’en disposons pas encore (elle est même prête à admettre cette situation comme structurelle). C’est donc une pensée pseudo-prophétique mais qui confond encore beaucoup de choses sous les mêmes vocables. La déconstruction ne sépare pas encore l'imprévisible, l'inanticipable, l'imprévu ou bien encore l'improbable avec l'inattendu...Certes, elle sépare le hasard de ce que l'on attend pas, de ce que l'on attend plus. Et ceci da la mesure où, à raison, elle n'accepte plus d'opposer métaphysiquement la contingence et la nécessité. En ce sens, elle comprend totalement l'événement comme une chose à l'expérience de laquelle on est jamais préparé: l'événement vrai est sans équivalent  et n'accepte pas de limites performatives à son événementialité.

    Or il s’agit maintenant d’admettre l’excès comme type d’être de toute vérité envisageable. A la manière de Castoriadis par exemple et sa logique des magmas. Et poser cet excès comme conceptuellement déterminable. Comme il résulte de cette attitude que toute vérité est nécessairement la visée d’une activité infinie qui dépend prioritairement d’un événement inattendu, on peut admettre que la pensée excédante est, au sens plein, une pensée engagée.

    Ce qu’incontestablement Castoriadis revendique au titre de sa pensée de l’Autonomie politique…

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  • lundi 14 avril 2008

    Ce qui dépasse l'imagination, Castoriadis et le magma

    Tintoret2Dans l’ordre du schématisme transcendantal, le chemin qui va de Kant à Heidegger constitue l’éventualité de penser désormais l’imaginaire - et par induction ce qui outrepasse l'imagination - sous l’angle limitatif du seul concept.

    Attitude qui contrevient à la logique traditionnelle: celle-ci n’accorde par principe aucune sorte de détermination conceptuelle précise à un objet indéterminé, un ensemble indéfini.

    Or en posant rationnellement dans la pensée le concept de ce qui excède l’imagination, de ce qui ne peut pas être a priori anticipé, nous nous donnons la possibilité de penser l’existence de multiplicités quelconques. Ces multiplicités sont impossibles à approcher par la moindre propriété du langage mais sont conceptuellement opérables. Castoriadis approche cette éventualité dans la pensée en la contenant strictement à l’ensemble des significations imaginaires d’une société. Mais je l’étends à l’envers de cet ensemble générique premier, à savoir l’hors-imago, c’est-à-dire ce qui excède pour une collectivité ou un individu ce qu’il est susceptible de pouvoir imaginer…

    Nous sommes alors ici dans une logique des magmas. Qu’est-ce qu’une logique des magmas chez Castoriadis ?

    La logique de l'intégration reste prise à l'idée d'un ensemble bientôt intégré au sein d'une certaine cohérence, à la fois volontariste et rationnelle. Son optique est toujours fonctionnaliste en filigrane. La logique des magmas relève d'une impossible maîtrise sur ce qui est, sans pour autant abandonner la quête de comprendre inadéquatement des fragments cohérents du Sans-Fond magmatique au cœur du réel. Cette logique particulière selon Castoriadis, est définie par les propriétés suivantes :

    M1 : Si M est un magma, on peut repérer dans M des ensembles en nombre indéfini.

    M2 : Si M est un magma, on peut repérer dans M des magmas autres que M.

    M3 : Si M est un magma, il n'existe pas de partition de M en magmas.

    M4 : Si M est un magma, toute décomposition de M en ensembles laisse comme résidu un magma.

    M5 : Ce qui n'est pas est ensemble ou rien .

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  • mardi 18 mars 2008

    L’improbable est-il nécessairement inattendu ?

    Possible Commençons d’abord par différencier la possibilité de la probabilité.

    D’un point de vue logique, ce qui est possible n’est pas contradictoire avec l’ensemble des lois du monde, et ce qui est impossible contredit l’ensemble de ces lois : par exemple deux corps ne peuvent simultanément occuper le même espace. D’autre part le possible s’oppose au nécessaire, il est alors synonyme de contingent ; l’homme est possible dans l’embryon humain mais il n’est pas nécessaire, il peut ne pas se développer. En revanche un embryon d’oiseau, pour rester sur des exemples tirés de la logique aristotélicienne, ne donnera jamais un homme : ceci est impossible.

    Seulement ici, le possible se confond avec le probable et même le hautement probable. Mais il y a une différence de nature entre le possible et le probable : j’image qu’un livre va tout à coup s’élever dans les airs (exemple qu’un jour en séminaire Castoriadis a repris…) sans qu’aucune force extérieure ne l’y contraigne. Ceci est très improbable mais n’est pas impossible : au dire des physiciens, il suffirait qu’au même instant l’équilibre du mouvement moléculaire soit rompu et qu’il y ait une convergence de tous les mouvements vers le haut pour qu’un tel événement arrive. Il va sans dire que la probabilité est infinitésimale mais elle n’est pas nulle. Nous devons donc penser le possible et l’impossible autrement que comme probable ou improbable parce qu’il y a là non pas seulement une différence de degré mais une différence de nature (une différence ontologique).

    Maintenant, si l’improbable vient à se produire (le livre entre en lévitation…), est-il pour autant inattendu ? Le probable peut être défini comme ce à quoi on peut légitimement s’attendre en termes d’événements à venir. Mais l’inattendu ? S’oppose-t-il d’abord à ce à quoi on s’attend ?

    Si nous voyons effectivement le livre se mettre à s’élever au plafond de la pièce, il est incontestable qu’il y a là un certain degré de surprise dans le constat que nous en tirons ; mais dans la mesure où l’improbable est tout de même préalablement imaginé (nous nous sommes demandés si un tel événement pouvait être possible avant de répondre par la négative), il ne peut être totalement, radicalement inattendu. Pour qu’un événement absolument inattendu se produise, il faut que sa seule possibilité (ou impossibilité, probabilité ou improbabilité) soit envisagée. L’inattendu sort du domaine circonscrit de l’imagination et de la prospective. A défaut de venir comme le prophète qu’on attend, il sur-vient indiquant par là la référence à un possible jamais formalisé.

    En conséquence, l’improbable ne peut être complètement identifié à l’inattendu. Et son contraire ne peut pas correspondre à la catégorie des choses auxquelles on peut s’attendre. Il joue manifestement sur un autre registre. Lorsqu’il se produit, sa forme comme son contenu n’ont jamais été posés – ne serait-ce que pour être immédiatement niés dans l’ordre de la possibilité ou de la probabilité. Et l’inattendu s’oppose effectivement, radicalement au possible en tant qu’il n’est jamais préalablement imaginé.

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  • mercredi 20 février 2008

    Disparition du texte

    Livres Au moment panoptique de la perception la plus complète de l’Hypertexte, nous voyons soudainement le rien des significations imaginaires à l’œuvre dans le Texte, nous en percevons tout l’arbitraire en même temps que la profonde nécessité.

    Tous les liens qui enrichissent le langage hypertextuel tendent alors à reconnaitre dans l’hypertextualité l’aptitude à rendre le texte insuffisant, voire même absent, à susciter par conséquent le texte (l’hypertexte à la puissance -1) en son absence, puis à s’en ressouvenir en lieu et temps de cette absence, à l’accomplir finalement jusqu’à son sens dernier dans une étrange et définitive disparition de sa forme. Le texte hypertextualisé se métamorphose.

    Là s’affirme sur l’écran la pure et simple disparition du texte maintenant numérisé. Et cet absentement va désormais venir hanter l’hypertexte dans chacune des applications qu’il va installer sur le texte. C’est ici que tout se joue. Car l’hypertexte n’atteint sa perfection que dans la totale disparition du texte qu’il mène à la puissance supérieure. C’est, semble-t-il, dans cette absence absolue du texte réalisée que le moment panoptique de l’hypertexte survient. Si, au final, dans la présence parfaite de cette disparition textuelle qui vient hanter l’écran, peuvent être jetés les dés : là seulement l’inattendu du temps panoptique advient, dans une contingence totale des mouvements et des significations qui fait que l’Hypertexte prend corps et ordonne sa profonde nécessité.

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  • vendredi 18 janvier 2008

    L'argument Dominateur revisité

    Bulles20savon

    L’une des prémisses de l’Aporie dite du Dominateur pose que le passé est irrévocable. Ce premier axiome est décisif dans son interprétation dans la mesure où il décide de son incompatibilité avec d’autres assertions, notamment celle qui affirme que certains possibles dans le passé ou le présent doivent être considérés comme de vrais possibles (et non pas des chimères...) même s’ils ne se sont pas réalisés ou ne se réaliseront jamais (Diodore).

    Or parmi les événements passés, quelle considération particulière porter sur l’inattendu lorsqu’il est advenu ?

    S’agissait-il d’un possible mal déterminé avant qu’il n’arrive (manque de connaissance et de jugement) ou bien s’agissait-il vraiment d’un événement impossible à prévoir et qui n’avait alors aucun statut modal lié à la possibilité ? C’est selon les cas, dirons-nous…

    Or nous avons plutôt tendance à considérer les événements passés comme nécessaires. S’ils sont advenus, c’est qu’ils devaient nécessairement advenir ; et seul notre manque de lucidité et de connaissance pourrait expliquer que nous n’aurions pas saisi à ce moment là la nécessité de telle ou telle occurrence événementielle lorsqu’elle est survenue…

    Pourtant, un événement passé, dira-t-on, est irrévocable. Mais il n’est pas pour autant nécessaire. Lorsque, lancé, le dé marque six, le coup ne cesse pas d’avoir été aléatoire. La proposition affirmant que le dé a marqué six ne saurait être nécessaire, bien qu’elle porte sur un événement irrévocable. D’autre part, rien n’indique qu’il ait été contingent pour autant : si le dé soudain se met à rouler sous la table, comment prouver qu’un tel imprévu aurait pu ne pas arriver ?

    Les catégories modales de la nécessité ou de la contingence ne sont pas ici manifestement opérantes : l’inattendu ne joue pas sur le même registre qu’elles. Ce qui nous oblige à revoir la signification que nous prêtons habituellement au possible et à reprendre point par point l’argumentation logique et rhétorique de l’aporie/argument dit du Dominateur

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    mercredi 09 janvier 2008

    Logique du sens et événement

    Deleuze considère l’événement dans chaque verbe considéré du point de vue de sa verbalité. Chaque verbe dans la langue renvoie ainsi à la virtualité qu’est son pur événement.

    En ce sens, il n’y a rien d’inattendu dans l’événementialité au sens de « la logique du sens » Deleuzeque Deleuze promeut. Comme pure virtualité, l’événement n’a pas chez lui d’être actuel. Il est un pur néant. Mais il est aussi un être dans la mesure où le virtuel est précisément son entière réalité….

    Pourtant, en termes métabologiques, il ne s’agit ni de donner la prééminence à une instance langagière condensée dans le verbe être (logique de l’essence) ni d’étendre cette instanciation à l’ensemble de tous les verbes (de manière à atteindre une logique du sens à défaut de l’essence). Il s’agit de voir comment se passent les choses lorsque ce qui se présente, ce qui arrive en général, qui n’est autre que ce qu’on peut en dire, doit pouvoir s’organiser autour des schèmes susceptibles de connoter le « changement » (y compris dans les verbes d’état qui signifient une certaine permanence dans le devenir global).

    Dans la logique classique, l’être a la capacité de pouvoir se substituer à tous les autres (construire devient « être construisant » etc.). Mais dans la substitution que nous pourrions maintenant établir, au lieu de s’en tenir seulement à l’être dans sa finalité évolutive, son telos (Aristote) ou bien à la verbalité des verbes (Deleuze), il s’agirait de saisir dans l’acte les motifs de modification, d’altération, de transformation que les verbes traduisent.

    Changer se dirait de multiples façons.

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  • samedi 05 janvier 2008

    Catégories modales et déconstruction

    La déconstruction confond encore l'imprévisible, l'inanticipable, l'imprévu ou bien encore l'improbable avec l'inattendu...

    Certes, l'attitude déconstructiviste sépare le hasard de ce que l'on attend pas, de ce que l'on attend plus. Et ceci daAveugle_mort_visibilit_2ns la mesure où, à raison, elle n'accepte plus d'opposer métaphysiquement la contingence et la nécessité. En ce sens, elle comprend totalement l'événement comme une chose à l'expérience de laquelle on est jamais préparé: l'événement vrai est sans équivalent  et n'accepte pas de limites performatives à son événementialité.

    Cependant, comme le reconnait lui-même Derrida, ce qui arrive peut être totalement imprévu sans pour autant que cet événement puisse se poser initialement comme imprévisible (par exemple, un certain imaginaire phantasmatique et même cinématograhique pouvait laisser présager un événement aussi imprévu que celui des Twin towers etc....). Ce simple constant suffit pour poser une preuve irréfragable de la distance qui sépare le possible de ce à quoi nous ne sommes en rien préparés. Et par conséquent, ce split infini entre ces deux notions incommensurables (le modal d'un côté et l'inattendu de l'autre) articule à son tour dans son fonctionnement un couple de notions absolument impossible à déconstruire. Leur polarité, pourtant non métaphysiques, ne peuvent être analytiquement déconstruites (dès que la possibilité d' un événement peut être un tant soit peu imaginé, il ne peut logiquement plus prétendre à la moindre part d'imprévisibilité...) .

    Le possible et l'inattendu figurent dès lors un nouveau partage de la pensée. Il devient im-possible maintenant de confondre des concepts aussi différents que le hasard, la contingence, l'improbable, l'imprévisible, l'imprévu etc. Tout se joue dans cette affaire (fort éloignée de la déconstruction) entre l'imagination, l'imaginaire, ce qui est schématiquement projeté et ce qui ne peut pas l'être.

    L'inconcevable est de notre temps...

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  • lundi 24 décembre 2007

    Hegel comme l'éclair

    Hegel Le concept de miracle renferme en dehors de sa superstitieuse transcendance un autre concept qui n'a plus rien de superstitieux du tout: celui de la cassure et du saut, procédant de la foi en l'éclatement et en l'inattendu.

    C'est le concept du saut qu'enseigne le miracle, un concept qui n'a pas sa place dans un monde de causalité purement mécanique, en disparité totale avec toutes les formes de miracles, mais qui en revanche peut s'intégrer dans la conception d'un monde qui n'est plus statique et définitivement clôturé. D'autre part, le saut qui est un revirement brutal mais dialectiquement médiatisé, possède lui-même ses propres lois et, lorsqu'il interrompt la progression purement mécanique de la continuité uniforme, il ne se situe absolument pas dans une intermissio legis comme c'était le cas de la coupure mythique, telle que la définit la scolastique.

    A la suite de l'élimination des facteurs de transcendance, ce qui disparaîtra de cette nouvelle conception du miracle c'est " l'état d'exception " étranger à toute loi et dans l'espace duquel une volonté transcendante pourrait loger ce qui est impossible sur terre. Et pourtant, si Hegel écrit à propos du saut qualitatif et de ses signes avant-coureurs, que " quelque chose est ici interrompu par l'apparition subite d'un éclair qui en une fois installe l'édifice du monde nouveau " (Werke II, p 10), sa manière de concevoir cette qualité d'éclair est de toute évidence, et en dépit de sa médiation sui generis dans un contexte de lois définies, une réminiscence de l'ancien Soudain-Miraculeux, cet archétype fondamental de l'imaginaire religieux, et surtout du christianisme de l'Avent.

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    samedi 22 décembre 2007

    La Nora de Ibsen

    Nora1 Natura facit saltus: c'est de cette manière tout au moins que l'antique foi dans le miracle contribue à l'édification d'un monde qui a cessé d'être magique, et a fortiori a perdu sa superstructure transcendante.

    L'idée de la cassure et du saut est née et a grandi dans le paysage prodigieux de l'apocalypse, et celui-ci en reste l'arrière-plan, suivant une évolution conséquente, qui fut ignorée mais qui n'est pas encore clôturée. Mais la rupture soudaine n'est pas la seule chose qu'il faille retenir du phénomène surnaturel. La métamorphose de l'eau en vin n'est une rupture que pour celui qui y croit. Pourtant il faut ajouter ceci: sans la rupture et le saut vit aussi autre chose qui se passe parfaitement de toute magie; qui existe surtout en dehors de tous les tours de passe-passe, qui est en relation étroite avec le contenu espéré du miracle et que l'on appelle précisément le Prodigieux. L'homme éclairé le reconnaît encore, bien qu'il ne croie plus aux stupéfiants tours de magie, il le prend au sérieux " Je cherche le Prodigieux ", dit une femme libérale qui n'appartient à aucun milieu théologique: la Nora de Ibsen. Certes, elle ne le dit pas tout à fait de cette manière mais le contenu de ses paroles est le même que celui qui habite la rupture radicale. De là l'exclamation de Helmer: " Ce qu'il y a de plus prodigieux ?" et c'est sur cette tournure superlative et interrogative que se termine la pièce antifamiliale et si peu théologique. Ainsi donc le Prodigieux conserve-t il son aura d'or, quand bien même le Miraculeux dont il emplissait l'espace de l'interruption, a complètement pâli.

    Pourtant tous les miracles relatés ou purement affabulés ne cachaient pas nécessairement un contenu prodigieux, ou simplement de bon aloi. La légende parle aussi de prodiges destinés à châtier, ceux qu'elle décrit avec le plus de détails sont les dix plaies et la mort des Égyptiens dans la mer Rouge; et c'est Ovide qui, dans ses Métamorphoses, en a donné la plus grande variété d'exemples.

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