" Vivre à l'époque d'une phase radicale de notre Histoire consisterait à adopter une position paradoxalement inobservable,
impossible dans sa forme comme dans son fond "...
E-books avec PHONEREADER 3G Mobility Lisez Hypertextual ! Une bibliothèque complète d'ouvrages en tout genre (essai, théâtre, fiction, poésie) à télécharger gratuitement.
C’est son signifiant qui le révèle: le type de support qu’il emprunte (l’écran blanc, translucide du Kindle, du Ipad ou autres mobiles, PC…) le distingue, avant même que sa teneur importe. Dès lors, en envoyant un textel, il semble que je compose un nouveau genre, que je lui octroie un sens, que vous en héritez une nouvelle fois en reconnaissant ses contours, tours et détours…. Mais cette fois, cette nouvelle fois, d’une façon absolument inattendue, comme genre dont il manque précisément le genre.
Le textel qui sort de sa Base pour être envoyé connait maintenant sa détermination : il désigne le genre de ce qui reste d’écriture sur le Réseau malgré l’expérience contradictoire du genre qui se crée dans un tel espace. Il n’est pas le seul, il y en a beaucoup d’autres… Les textels s’envoient comme ce qui reste d’un Livre dont chacune des pages aurait été arrachée, éparpillés en mille milliers de petits morceaux colorés.
Au genre littéraire, à« l’original » du livre et de la lettre, l’écriture digitale met en évidence l’indétermination du genre. Elle favorise la reproductibilité indéfinie du support rigide et froid de la page d’écran. Il s’agit d’envoyer tous ces textels en nombre ; et la relation élémentaire qui leur reste, reproduite jusqu'à l’épuisement, ne souligne d’abord que la seule possibilité commune de pouvoir être r-envoyés.
Leur r-envoi confirme que l'on écrit faute de savoir complétement les lire (anagramme de lier). C'est en ré-écrivant que le réseau rend les textels enfin lisibles. Chaque textel dans sa structure actuelle anticipe sur sa ré-écriture à venir. Il s'agit d'envisager l'écriture numérique comme traduction ou réécriture systématique, à partir d'un hypo-textel qui de toute façon n'aurait jamais été préalablement écrit comme tel - et qui pourtant le fut: le textel vise là comme une répétition inaugurale, une première-fois mimétique originale. L'écriture est de l'ordre du paradoxe. Elle est l'expérience même de la littérature, d'une littérature qui n'est littérature qu'à partir de la littérature. De manière à ce que la métabolicité de chaque "fragment réécrit" interdise de pouvoir trouver dans la forme occurente du texte la vérité de sa signification définitive: l'analyse des parties du discours qui s'y tient, de sa syntaxe et de sa grammaire reste de toute façon insuffisante pour la comprendre totalement. Ré-écrire le textel destiné à l'envoi/renvoi de sa matière, c'est d'abord saisir sa valeur métabolique.
Dès lors, la lecture rencontre l'écriture par sa ré-écriture, le lecteur se trouve transporté dans l'exposition de l'écrit philosophique dont il doit répéter la lecture en vertu de sa pure métabolicité.
Rejoignez le Journal de l'Hypertexte en anglais (posts du jour différents de ceux ici présents) - Connectez-vous sur hypertextual.net l'Hypertexte Principal de la Solution -
Le fait initial pourrait bien être la nécessité où se trouve une culture ou une société donnée de substituer sa littérature aux textes religieux ou aux textes sacrés.
Avec l'hypertexte des temps que nous vivons, on sait que la structure des liens et l'ouverture des énoncés à d'autres énoncés engage ce que l'on désigne par " la transcendance du texte", à savoir tout ce qui met le texte en relation, manifeste ou secrète, avec d'autres textes. Aucune considération religieuse ou mystique da,s cette approche. Pour autant, la question de l'absence ou de la présence du lecteur/auteur en ligne induit des catégories d'analyse qui n'ont rien à envier au domaine Sacré...
Enfin le problème de la cohérence et de l'unité d'un hypertexte sont à proprement parler des considérations de nature religieuses (religio, à savoir faire tenir ensemble des éléments épars).
Comme on s'en rend compte, la question des frontières entre discours critique/théorique et discours littéraire ne semble pas près d'être réglée.
L’écriture ne
passe plus nécessairement par les Lettres.
Du reste, si la
philosophie écrite dans les livres continue d’être pratiquée, elle le
doit encore à sa faculté de se
faire des adeptes par le texte lettré. Pratique qui semblerait
bien curieuse aux yeux de Platon pour qui la lettre est une chose
morte, incapable d’agir en vue d’élargir le cercle de la philia philosophique.
Et pourtant, un certain humanisme à
l’origine des Temps modernes a su totalement déjouer ce sombre pronostic
: non seulement les humanistes ont
dans un premier temps réussi à se faire des amis aux quatre coins de
l’Europe avec leurs livres mais ont encore imaginé que seulesles
Lettres étaient capables d’éduquer les lecteurs de manière à
former une société entière travaillant à son humanitas.
Nous prenons à
présent toute la mesure de l’échec d’une tel espoir. Et beaucoup redoute
comme jadis Platon que tous les objets culturels contemporains, pour la
plupart très éloignés de l’Ecriture au sens classique, soient jamais
capables de créer un communauté de destin culturel entre les hommes.
Mais c’est mal considérer à la base le rôle et la fonction que
remplit l’écriture: naguère immobile et scriptée (comme
Platon lui reprochait de l’être) ; aujourd’hui mobile et transformable – comme
la fameuse dialectique des académiciens, elle prend désormais des
formes insoupçonnées qui
augmentent parfois le champ des possibles créé par les objets textués
en matière d’adoption culturelle.
Pour toutes ces raisons, il nous
faut reconsidérer de fond en comble le statut ontologique, métabologique du
Texte (je mets un T majuscule au texte compris dans un sens élargi). Sa
capacité à se créer des possibles noétiques au-delà de son être-là
représenté.
Metablog Journal de
l'Hypertextehttp://www.metabole.typepad.com/mediumtrueMetablog Journal de
l'Hypertextehttp://www.metabole.typepad.com/mediumtrueMetablog Journal de
l'Hypertextehttp://metabole.typepad.com/jean_philippe_pastor/mediumtrueMetablog Journal de
l'Hypertextehttp://metabole.typepad.com/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertexte:
métabolehttp://metabole.typepad.com/jean_philippe_pastor/mtabole/page/3/mediumtrueMetablog Journal de
l'Hypertextehttp://www.metabole.typepad.com/mediumtrue
Chateaubriand s’est cru plus grand par la pose moralisatrice, par le sermon.
C'est un écueil qu'il faut éviter. Mais le ton est donné: il laisse entrevoir une invention littéraire et le rythme d'une phrase qui résonne à nouveau dans une Europe à bout de souffle,
en perpétuel repli.
A Venise Chateaubriand fait la leçon à Rousseau et à Byron. Heureusement, il laisse au lecteur des Mémoires d’outre-tombe, texte avant tout autobiographique, la possibilité d¹entrevoir la déréliction et la contingence de l’homme européen attaché à une cause perdue et qu'il a su grande.
René devient le fidèle paladin de ce qu’il sait être une chimère. L'Europe n'existe qu'à la faveur de ses échecs futurs.L'auteur offre ainsi la figure paradoxale du perdant de génie.
Par cette posture le Vicomte séduit la jeune génération romantique.
Il devient par l’écriture de soi le semblable d'autres voyageurs autobiographes,
Metablog Journal de l'Hypertextehttp://www.metabole.typepad.com/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertextehttp://metabole.typepad.com/jean_philippe_pastor/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertextehttp://metabole.typepad.com/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertexte: métabolehttp://metabole.typepad.com/jean_philippe_pastor/mtabole/page/3/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertextehttp://www.metabole.typepad.com/mediumtrue
Un des énoncés primordiaux concernant la métabolicité caractéristique du texte numérique (transformation, modification, plasticité, métamorphose de l’écriture contemporaine…), pourrait être entendu de la manière suivante:
« Je ne peux écrire sur le caractère transformable du texte numérique sans dépendre simultanément de ses propres effets - et ceci au moment même où je rends compte et raison des propriétés rhétoriques de ces effets sur une page d’écran ».
Nous nous trouvons là en quelque sorte dans une situation proche de celle de la métaphore à propos du texte au sens classique : on ne peut poser le concept de « métaphore » dans un texte - et en chercher une définition adéquate - sans être devant la nécessité de considérer la dimension métaphorique de ce même concept au moment de son énonciation. Ce qui suppose maintenant pour la figure rhétorique de la métabole se trouvant dans une position énonciative équivalente, la résolution d’un problème théorique insondable : la rhétorique de l’énoncé primordial précédemment exposé commente de manière parallèle à la métaphore la tension entre la vérité simple qu’elle exprime (la métabolicité essentielle de l’écriture sur écran) et l’écart logique que cette vérité présuppose (je ne peux dire cette propriété de l’écriture numérique qu’à la condition de l’exprimer sous l’empire de l’effet rhétorique qui l’inscrit). Or ce qui importe là, ce n’est pas seulement comme pour la métaphore le rapport entre le contenu et la forme empirique de l’énoncé mais ce qu’il advient de ce rapport dans-et-par la génération de la lettre sur l'écran. Ce qu’il commande, ce qu'il produit, ce qu’il engage, plutôt que ce qu’il constate.
Voyons précisément de quelle manière.
Au départ, cet énoncé dit l’implication de la métabole comme figure rhétorique dans l’élaboration d’un discours qui se donne comme finalité le traitement de la métabolicité du texte numérique dans toute sa généralité. C’est-à-dire la mise en forme théorique d’une écriture où un tel discours est capable de se construire malgré/grâce à cette seule condition.
L’énoncé dit à la fois la métabolicité de l’écriture en elle-même mais aussi ce qui se traduit littéralement dans-et-par l’écriture. Car ce qui s’écrit, c’est aussi ce qui se fait, c’est-à-dire ce qui change au fur et à mesure que l’écriture s’engage et se transforme sur l’écran. Dès que j'écris, ce que j'écris s'est déjà transformé. En faisant usage de certains tropes que la langue met à sa disposition, l’auteur du discours indique dans le traitement rhétorique du texte, par l'effet d'un jeu de modifications infinies, un certain paradoxe dans l’exercice en cours :
Il se rend compte que traiter de la rhétorique de l’écriture numérique, c’est aussi traiter cette écriture de manière rhétorique par ses transformations. Ce que nous percevons de manière évidente aujourd’hui par l’emploi incessant que nous faisons dans un hypertexte des procédés multimédia, logiciels, figuratifs disponibles dans les logiciels de « traitement de texte ».
L’arrangement du verbe « écrire » laisse ici rayonner ce qu’il en est du propre de l’écriture numérique : il en va d’un certain performatif qui s’exprime dans le texte au moment où la lettre apparait à l’écran.
Pourtant, si la seule prise en compte de la dimension rhétorique du discours s’arrêtait là, nous nous en tiendrions à la confirmation du cercle tautologique que l’énoncé primordial impose. Nous nous en tiendrions à une étude raisonnée de la métabole comme simple figure de style spécifique. Nous en viendrions alors à cerner sans a priori ce qu’il en est de sa sémiologie, sa sémanticité, son ontologie etc. Nous aurions comme objectif d’écrire tout un Livre à son sujet. En vérité, en se déliant de l’énoncé primordial précédemment exposé, l’écriture s’apaiserait peu à peu dans les pages-papier se succédant, tenues par la reliure, loin de l’intranquillité con-temporaine à laquelle pourtant son exercice se doit.
Or manifestement, dans l’écriture courante d’un hypertexte,il n’en va pas ainsi : l’écriture se fait.
Le cercle se brise. Les textels se multiplient et se lient sans arrêt de la Base qui les projette du serveur au Réseau qui les reçoit. Ce qui ressort de cet exercice n’est pas la stricte identité d’un discours rassuré qui se borne à un certain nombre de constats, libre de faire état des résultats avantageux de ses recherches et de ses avancées positives. Ce qui en résulte au contraire concerne le devenir inquiet d’une écriture qui se cherche sans cesse dans-et-par-le-changement qu’elle produit. Ce n’est pas qu’il s’agisse d’en arriver à l’établissement d’un énoncé qui tiendrait tous les autres dans une sorte de vérité fondamentale ; il s’agit plutôt d’entendre cet énoncé à partir du principe qui lui donne toute sa relève.
En définitive, il n’est pas acceptable de vouloir parvenir dans la langue à une adéquation qui viendrait accomplir un projet « philosophique » abstrait : celui consistant à s’entretenir doctement de « l’auto-transformation de la lettre » dans l’écriture hypertextuelle contemporaine. Vouloir parvenir en somme à la mise à découvert d’une écriture littérale dont les changements dans les procédés de mise en forme textuelle auraient été effacés. La frontière ne passe pas entre une écriture qui s’en tiendrait aux procédés rhétoriques qui la gouverne (s’adapter aujourd’hui aux contraintes arbitraires de l’écriture sur le web) et un discours qui, au final, en révèlerait toute la vérité littérale (écrire un beau Traité bien construit sur la rhétorique de l’hypertexte dans un livre bien complet). Le travail la concernant met plutôt au centre de son intérêt vital le partage mobile, métabolique, infiniscent qui se fait entre la logique de l’écriture se transformant et la rhétorique en cours qu’elle découvre…
Entre le Textel supplémentaire et le Livre à venir, il est déterminant, avec méthode, de ne pas savoir choisir.
Metablog Journal de l'Hypertextehttp://metabole.typepad.com/jean_philippe_pastor/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertextehttp://metabole.typepad.com/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertexte: métabolehttp://metabole.typepad.com/jean_philippe_pastor/mtabole/page/3/mediumtrueMetablog Journal de l'Hypertextehttp://www.metabole.typepad.com/mediumtrue
Comme Adorno en son temps et dans un tout autre contexte de communication de masse, il nous faut aujourd'hui révéler les paradoxes, les apories du langage et de l'écriture à l'âge du livre numérique et de l'internet mobile.
Par exemple, le fait que la distinction entre texte et hypertexte sur écran soit à la fois nécessaire et impossible, que la rhétorique de l'écriture contemporaine (et encore une fois, j'emploie le terme con-temporain pour compter davantage avec le temps plutôt qu'avec l'idée de notre temps présent...) ne saurait être critiquée qu'à l'aide de notions empruntées à cette seule rhétorique etc. A cet égard, nous sommes encore redevables des textes de Heidegger qui dans son Acheminement à la parole fait déjà dire à un participant dans un dialogue philosophique fictif:
" La langue de notre entretien ne cesse, à mesure de nos échanges, de ruiner la possibilité de dire ce dont nous parlons ".
[Paris Gallimard 1976 p.100]
Adorno critiquerait volontiers cet aspect jargonnant de l'écriture chez Heidegger. Il ne lui prêterait en aucun cas la faculté de juger une langue sous le régime poétique que le maître de Fribourg a fini par emprunter dans ses textes tardifs .
Pourtant, à elle seule, cette simple phrase pourrait résumer toute la problématique linguistique de la rhétorique hypertextuelle d'aujourd'hui. Elle semble en effet interroger l'emploi ambivalent que nous faisons de la langue sur l’ensemble des réseaux de communication: le sentiment qu'il nous faut chaque jour exprimer une pensée critique suffisamment éloquentepour pouvoir comprendre les formes expressives adoptées par les nouvelles technologies. Or cette ambition pourrait bien rester vaine...
Ce constat explique néanmoins les raisons qui nous poussent à adopter des formes rhétoriques dans la nature des textes qui échappent aux schémas des écritures institutionnelles passées (le livre-thèse, le texte didactique, la monographie livresque et dissertée...).
Ainsi, notre attitude envers l'écriture correspond bien encore à celle de Heidegger dans la mesure où il rejette déjà les partitions métaphysiques de la littérature établie: l'opposition dominante entre forme et contenu, technique et littéralité,calcul et signification, etc.
En même temps, nous prenons comme luile contrepied de l'enseignement académique en considérant l'Ecriture non pas comme la gardienne émérite du Savoir et de la Connaissance (ou de toute autre Vérité instituée), mais comme un (r)envoi incessant, inépuisable de signifiants dont la multiplicité ne saurait être réduite à aucune recherche de type essentialiste (relire à ce sujet L'origine de l'oeuvre d'artde 1945, le texte magnifique qui traite au coeur tout ce dont nous essayons de rendre compte ici ).
Dans ce contexte, il est clair qu'Heidegger continue de nous guider dans l'abord que nous faisons du caractère pluriel et "scriptible" (comme dirait Barthes) de la textualité au XXIème siècle.
Retrouvez ce post traité par huit algorithmes différents dans La métabole -
B.P. Selon toi, l’unité du genre tragique tiendrait son unité d’un élément
qu’on peut dire tout à fait inconnu du genre épique ou du récit
mythologique…
J.P.P - La phase tragique de l’art poétique se concentre peu à peu sur la structure de l’action, c’est sûr. Ce que l’épopée méconnaît en son fond. Elle en reste à la restitution des aristea, histoires remarquables que les générations se transmettent depuis des temps immémoriaux; mais
sans présager toutefois des cas qui dépasseraient la sphère
circonscrite du possible narratif.
Nous pouvons par conséquent évaluer en quel sens ce pressentiment de l’Inouï - c’est-à-dire du destin aveugle qui ne commande même pas aux dieux - organise la structure narrative de l’œuvre tragique dans son fondement le plus authentique.
Que le devenir tragique tienne sa cohérence interne du seul destin authentique
- et non pas seulement de l’attente angoissée d’une possible
providence, de l’actualisation d’un plan pré-établi ou de l’espoir en
une bonne fortune à la manière épique, c’est ce que les Grecs du Vème siècle expérimentent pour la première fois au-delà de ce que le mythe imagine. C’est d’ailleurs ce caractère de dépassement, hors normes, qui donne au drame son unité et provoque la frayeur qui selon Aristote, avec la pitié, caractérise l’action dramatique au sens de la tragédie antique.
B.P C’est
sans doute la raison pour laquelle tu dis que le "merveilleux" intervient
si intensément chez les tragiques Grecs; qu’il donne lieu à une
théâtralisation de ce qui arrive, au tragique en somme. Ce
n’est pas une simple rémanence de l’imaginaire mythique venant à mettre
en valeur la tragédie par ses récits les plus effrayants...
J.P.P - Les
anciens tragiques prennent d'emblée le parti du fabuleux et de
l’incommensurable; et avec eux les dispositions scéniques qui
correspondent. Le sujet du drame, son traitement, la manière de le
conduire et de le nouer, d’en imaginer le dénouement sans l’atteindre, tout enfin doit correspondre à la surprise inouïe qui vient d’elle-même confondre le spectateur et l’auteur avec lui.
Les tragiques grecs recherchent à dessein l’extraordinaire et le
merveilleux dans les malheurs et les passions; ils ne cherchent pas
comme nos réalisateurs contemporains ce qui doit rapprocher le plus
possible le public de ce qu’il imagine. C’est là une disposition
d’esprit tout à fait inverse à la notre. C’est la raison pour laquelle
nous, modernes, avons toujours tendance à réécrire la tragédie en y incluant
systématiquement une dimension parodique.
Retrouvez ce post traité par huit algorithmes différents dans La métabole -
Afin de parvenir à une définition de la rhétorique de l’hypertexte qui tienne compte de son caractère indécidable (dans ce domaine, il n’est pas question de postuler la prépondérance de la dimension rhétorique du discours sur sa dimension logique et grammaticale – ni l’inverse), il faudrait ne pas distinguer par avance ce qui est de l’ordre du trope dans le texte et ce qui est de l’ordre du concept ou du commentaire raisonné.
Or, si cette indécidabilité en venait à être respectée à la lettre, elle se transmettrait derechef aux catégories employées à déchiffrer l’écriture dans toute sa généralité. Par un tel suspens, il ne serait plus possible de savoir précisément « de quoi on parle ».Il faut bien admettre que dans tous les cas de figures ( !), l’univocité reste la finalité ultime du langage : tout suspens concernant ce principe entraine la ruine dans la communication (Habermas).
Pourtant, ces oppositions entre figures et idéalités sont historiquement déterminées.
Il conviendrait logiquement de les interroger: le Livre, l’écriture-papier a depuis toujours survalorisé le grammatical et le syntaxique au détriment de la valeur rhétorique dans l’expression. L’idéal de la typographie noire sur les belles pages de la Collection Blanche est promu par la soustraction qui s’opère à propos des conditions rhétoriques qui favorisent la mise en valeur traditionnelle de l’Idéalité. Ces procédés font partie d’une séquence datée de l’Histoire de la pensée ; des procédés qui plongent leurs racines dans « une pensée métaphysique du texte », pensée la plus ancienne et la plus marquée en matière philosophique concernant le statut idéal et forclos de l’écriture.
Mais pour autant, il serait inadéquat d’avancer qu’il n’y a plus aujourd’hui de distinction possible entre traits rhétoriques et objets conceptuels dans « un textel numérique ». L’équivalence entre la figure employée dans l’écriture contemporaine et l’idée exprimée ne peut pas être sérieusement réalisée. Il s’agit donc de marquer une certaine séparation entre l’événement de la figure de style apparaissant sur l’écran et l’idéalité de son concept pour qu’il puisse y avoir ne serait-ce qu’une certaine conception possible de la rhétorique utilisée dans l’hypertexte. Ce dont il s’agit ici, c’est bien de comprendre la nouveauté qui se fait dans l’écriture lorsqu’une certaine articulation entre ces termes s’opère, même si cet ajointement entre tropes et concepts se reconnait comme incessamment déréglé (est-ce bien sérieux de vouloir « philosopher » sur le web, quelle pourrait être la valeur de vérité d’un textel rédigé dans un hypertexte en ligne etc. ?…).
Ce qui se montre toutefois, c’est qu’il n’y a pas d’oppositions radicales ni de coïncidences parfaites entre la tropologie, voire les mouvements hypertextuels des liens, et la rhétoricité générale du langage.
On pourrait même faire valoir qu’après la phase de numérisation forcenée appliquée à l’écriture contemporaine, il est désormais opportun de constater le devenir totalement tropique du langage sur les réseaux : dans ces conditions, il n’est plus d’aucune utilité d’opposer un sens propre au sens figuré d’un terme hypertextuel. Les métaphores qui envahissent l’intégralité de l’espace digital et viennent à le combler, finissent par disparaître. Tout comme les concepts dans les textels qui circulent et se disséminent sans fin dans les moteurs de recherche. Et cela même au moment où « images et vidéos » couvrent à satiété le champ de la mise en page des textes sur l’ensemble du réseau. Seule semble s’ordonner en définitive un effet de modification continue des textes sur l’écran ; un effet de métabolocité (changements successifs) des signes auquel nous sommes maintenant bien en peine de pouvoir fournir une définition adéquate…
Car cette définition possible de l’écriture par métaboles consécutives dans la progression du textel s’inscrivant à l’écran pose de nouveau les mêmes problèmes que ceux auparavant avancés par le concept supposé de métaphore dans un texte classique : à partir de quelle source et de quel endroit est-illégitime de fixer définitivement son concept ? La métabole est-elle de nouveau une Figure, une Idée, un Quasi-concept auquel il faudrait maintenant attacher un signifié irréductible ?
Comment peut-elle enfin produire son effet dans l’hypertexte hors du domaine circonscrit de la différence et de la répétition, figures classiquement convoquées dans l’élaboration du texte au sens classique ?
ejoignez le Journal de l'Hypertexte en anglais (posts du jour différents de ceux ici présents) - Connectez-vous sur hypertextual.net l'Hypertexte Principal de la Solution -
François Bon me dit la difficulté de faire la synthèse des différents fragments textuels dont j’oriente la lecture à l’aide des logiciels de réseaux sociaux qui les diffusent. Il conviendrait de les accompagner ou de les faire précéder d’une introduction capable d’en informer préalablement la matière.
Mais quel serait en vérité le statut théorique d’un tel texte introductif dans un hypertexte ?
La difficulté dérive du fait qu’en principe l’hypertexte ne saurait idéalement tolérer de présuppositions extérieures à sa propre lecture. C’est là la détermination principale du préfixe hyper par rapport au simple texte qui n’en a pas. Idéalement, l’hypertexte-en-ligne, à la différence du livre-papier, devrait s’assujettir absolument, et sans réserve, au travail de l’écriture et des concepts exprimés. En bref, la méthode et le contenu d’un hypertexte ne parviennent pas à sa mise en ordre logique en se constituant du dehors ; l’hypertexte tire ces catégories de lui-même et, en outre, au final méthode et contenu ne font qu’un ; alors que dans un livre-papier, le sujet et le développement choisi pour le traiter peuvent être différents l’un de l’autre. Souvent le contenu exprimé ne se suffit pas à lui-même ; car il dépend de concepts directeurs qu’il s’agit d’exposer dans un texte préalable.
Le texte introductif relèverait donc d’une extériorité qui serait étrangère et tout à fait auxiliaire au mouvement expressif si particulier de l’écriture en ligne
Aussi, s’agit-il ici de repérer la contradiction qui se fait à l’intérieur d’un hypertexte ; à savoir la contradiction entre l’opération d’écriture effectuée par l’hypertexte d’une part, et le contenu expressif que ce fragment est censé abriter d’autre part. A la limite, la lettre exposée àl’écran, une fois lue par l’internaute, devrait s’effacer par un système de liens pour donner véritablement à voir, sans ombre, son contenu.
Tel est le dilemme auquel l’écriture dans un livre numérique ne cesse de faire face : écrire ou ne pas écrire de synthèse objective, d’introduction extérieure à l’objet, de préambule comme la rhétorique d’antan l’exigeait des traités théoriques ou des monographies scientifiques. Situation tourmentée : car à vrai dire, quel pourrait-être à ce compte le statut du fragment que je suis en train d’écrire et que vous avez maintenant sous les yeux ? D’un côté, il s’agit d’exclure logiquement tout effet introductif ; mais d’un autre côté, on doit se rendre à l’évidence : il faut bien faire connaitre les œuvres, expliquer un minimum à quoi elles prétendent… et dans ces conditions, comment un hypertexte peut-il sortir de son autosuffisance réelle et formelle pour se donner à voir ?
Rejoignez le Journal de l'Hypertexte en anglais (posts du jour différents de ceux ici présents) - Connectez-vous sur hypertextual.net l'Hypertexte Principal de la Solution -
Nous n'avons plus que la mémoire évanescente d'un monde qui, il y a peu, fut encore descriptible par l'écriture (sa grammaire, sa syntaxe) et que la littérature-papier atteste, comme une mémoire fétiche.
Et encore, cette mémoire- souvenir d'un monde articulé qui se donnait par les mots et les signifiés pourrait bien n'être que le souvenir d'un mirage accrédité par les phrases d'un Texte désigné par un imaginaire littéraire défunt. Aujourd'hui, les mots sont d'abord des images; des signifiants imagés sur des écrans auxquels il faut accorder un sens improbable. La mémoire-habitude s'en empart afin de nous pousser à agir et à vivre dans la communauté. La mémoire-souvenir quant à elle se perd; elle se désagrège sans le support de l'abstraction nécessaire face à l'action présente et sans le prix qu'il faut accorder à l'inutilité, au rêve lorsque la lecture progresse.
Sinon, avec nos livre électroniques, seul le plaisir de l'image - pour elle seule, prévaut.
Rejoignez le Journal de l'Hypertexte en anglais (posts du jour différents de ceux ici présents) - Connectez-vous sur hypertextual.net l'Hypertexte Principal de la Solution -
Jean-Philippe Pastor: Jacques Derrida ou le prétexte dérobé / Moonstone << Le mercredi 10 février 1999 - Paris, 17 heures, heure à laquelle le séminaire de Jacques derrida commence au 105 Bd Raspail de l'EHESS - je me suis mis à lire un texte auquel le maître de cérémonie n'avait accordé aucun imprimatur... >>
Ce livre sur Castoriadis (Devenir et temporalité I) interroge les thématiques les plus reprises du grand philosophe, en s'efforçant d'assumer l'héritage de son maître livre " L'Institution Imaginaire de la Société".
La modernité radicale, telle qu'elle s'impose désormais à la communauté citoyenne mondialisée, inaugure pour nos contemporains une attitude tout à fait paradoxale... Télécharger:
Les anciens Grecs ont-ils développé une pensée du devenir (genesis, kinésis, métabole) capable d'interroger et de mettre en défaut l'ontologie traditionnelle jusqu'à Heidegger ? Télécharger:
Vivre à l'époque d'une phase radicale de notre Histoire consisterait à adopter une position paradoxalement inobservable, impossible dans sa forme comme dans son fond... Télécharger:
Hypertextual s'organise comme un Tout textuel dont l'unité dépend de plusieurs modalités littéraires. Ce sont les principes de fonctionnement de l'Hypertexte qui sont ici présentés. Télécharger: