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202 entries categorized "temps"

dimanche 14 juin 2009

Qu'est-ce qu'une chute d'intensité?

Membrane Les modes d’être de la métabole, c’est-à-dire les différentes façons qu’adoptent les schèmes processuels du changement pour s’accorder ou se désaccorder entre eux (généalogie, métamorphose, modification, translation etc.), font apparaître comme une articulation dans l’articulation, un changement dans le changement, qui fait que la métabole s’éprouve elle-même par elle-même, comme par une sorte d’auto-affectation spontanée.

 

Il semble que le jet, l’après-coup, la chute trouvent leur signification à travers cette auto-affectation si particulière, si intime. L’idée de méta-bole, de suivi continu de la chute et du jet, n’impliquent dans ces conditions aucun aspect négatif, aucune douleur à éprouver la déréliction que l’on vit (comme Heidegger parle de la Verfallenheit qui ne voit aucune angoisse naître chez le Dasein choisissant de vivre dans l’inauthenticité et le quotidien impropre de la vie sans souci). C’est seulement la vive perception du changement en lui-même qui vient à la perception, la sensibilité à la métamorphose qui se fait entre un point de départ et un point d’arrivée : la sensation de ce qui se passe en somme, de ce qui se développe, de ce qui croît ou décroît et qui se ressent comme un rythme de passage intensif.

On perçoit là comme une tension qui atteste de la chute qui se fait. Il n’est pas question de la vivre comme un échec : on ne tombe pas de haut car l’espace n’est pas encore structuré de la sorte (où pourrait être le bas ?). On vit simplement la variation d’intensité du jeté, comme chez Heidegger qui voit le Dasein chuter en lui-même à partir de lui-même : « (…) tentation, tranquillisation, aliénation et empêtrement (ne plus s’en sortir) caractérisent le genre d’être spécifique au dévalement. Nous nommons ce mouvement qui affecte le Dasein à l’intérieur de son propre être la chute (Absturz). Le dasein chute en lui-même à partir de lui-même (aus ihm selbst in ihm selbst), il plonge dans le vide et l’inanité de la quotidienneté impropre. (Être et Temps §38).

 

Et s’il est vrai, nous dit Catherine Malabou dans Le change Heidegger (2004), que toute tension s’éprouve en une chute, il faut évidemment ajouter que toute chute s’éprouve en une tension. La cloison qui sépare le Dasein de lui-même est vibratile, elle réagit comme un instrument, marquant ainsi des « différences de niveau » au sein des modes d’être…

 

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jeudi 21 mai 2009

Qu'est-ce qu'un sujet aujourd'hui ?

Sujet_écriture J’ai déjà fait valoir qu’un objet était principalement construit à partir des significations imaginaires sociales d’une époque: un objet ordonne les souvenirs primaires et secondaires que notre conscience élabore quant à leur nature. De sorte qu’il est très difficile d’attribuer à la pure subjectivité du texteur l’entière responsabilité de leur élaboration (idéalisme).

 

Reste la question du sujet aujourd'hui.

 

Sur le réseau en effet, l’objet textué formalise la subjectivité du lecteur selon la forme que cet objet adopte. Le lecteur est ainsi soumis aux critères de la production industrielle d’objets au même titre qu’il est un utilisateur normalisé d’objets de consommation courante. Son comportement est configuré en fonction de la forme objective du Texte le conditionnant dans sa programmation, dans son paramétrage dans le temps présent.

 Il s’ensuit une dépendance extrême du lecteur dans la qualité de son discernement lorsqu’il s’expose à la pratique d’objets textués sur le réseau, notamment ceux à faible valeur rétentionnelle: son objectivité en est très directement affectée.

Dans ce contexte, on appellera « sujet » tout dispositif d’attention créé par un rapport temporel à un objet textué à valeur rétentionelle forte. Le sujet devient ici le support d’une transformation spécifique, le support d’un processus qui l’expose à un dispositif qui le confronte à l’idéalité textuelle dans un temps présent, c’est-à-dire à un objet capable de se transformer par le type de métabole qui structure son être-pour-le-changement dans le monde.

Le seul concept de sujet qui soit vraiment complet comprend la prise en charge de l'unique assujettissement auquel un véritable sujet s'expose dans l’existence: une occurrence métabolique, de type inattendue de sa condition.

Toutes les autres options philosophiques s'efforçant d'atteindre à la sujétion sans ce simple constat manquent à leur objectif (surtout si l'on cherche idéalement à poser le statut du sujet par la conscience psychologique ou transcendantale, l'intentionnalité, la volonté, l'invention, la création, la fidélité etc.).

Aussi, le sujet d’un processus dans l’écriture numérique n’est pas nécessairement l’auteur (l’écrivain, l’écrivant, le rédacteur…) du complexe numérisé. Les dispositifs de sujétion sont les objets textués eux-mêmes au sens large. Et l’auteur entre dans la transformation de ces dispositifs de sujétion sans qu’on puisse en aucune façon réduire la textualité du dispositif à celui-ci. Le sujet qui est une occurrence singulière de la procédure de transformation textuée est un produit, une construction individualisée sur le réseau qui travaille à la perduration maximale de son jet dans l’écriture, de son mouvement initial.

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jeudi 07 mai 2009

Devenir destinal

Filer Je distingue le devenir , ou encore "le devenir destinal" ou de la disruption, dont les moments sont des parties mutuellement extérieures et exclusives, car elles ne peuvent exister ensemble - l'une est quand l'autre n'est pas et n'est pas quand l'autre est comme lorsqu’un événement survient (selon un schéma d’exposition emprunté à Hegel ) - et, d'autre part, la temporalité, le temps de l'existence (ou le temps propre des choses apparaissantes dans un monde), dont les moments s'extériorisent et cependant s'imbriquent, gardent comme une unité de déploiement.

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dimanche 26 avril 2009

Qu'est-ce que la mort ?

Aveugle  Ceci est un post destiné à rendre inutile la possibilité d’un autre sur le même sujet.

La mort survient.

Elle est un concept métabologique et non un concept ontologique à la manière heideggérienne dans sa considération du dasein comme être-pour-la-mort.

C’est une métabole (changement véritable) qui affecte les possibles d’une manière telle que la notion de possible en est essentiellement bouleversée. Ma mort est un possible si extrême qu’il annule la possibilité de tous les autres, au point de ne plus se présenter à moi comme une simple modalité (au même titre qu’une autre…).

Aussi, nous ne pouvons rien en dire; comme de tous les concepts appartenant à cette science « métabologique » des transformations qui adviennent dans un monde sans que l’on s’y attende, nous ne pouvons rien dire de la mort : au même titre que n’importe quelle autre métabole, il ne sert à rien de penser la mort ; car la mort n’est pensable ni avant, ni pendant ni après son avènement. La mort affecte les différents modes d’apparition des êtres dans le temps sans qu’aucun phénomène susceptible de correspondre à « la mort » soit ici capable d’une quelconque causalité interne dans le champ unifié de leur apparaître. Il s’agit par conséquent d’admettre une « étiologie » extérieure à la vie des phénomènes sans jamais supposer que la mort soit constitutive de leur être ou de leur mode d’apparition et de constitution dans le monde.

Partons du fait que, s’il y a transformation véritable, le passage d’un phénomène à un autre ne peut pas être un effet immanent d’un étant sur un autre. Cette remarque vaut pour la mort comme pour le reste. Comme l’affirme Anthony Burgess,  « La mort ne rentre dans aucun schéma. Il n'y a pas d'explication à la mort. Elle entre, elle vous arrête au milieu d'une phrase : Non, c'est fini et claque la porte ». De sorte que la survenue de la mort pour un étant quelconque est nécessairement un changement tout à fait extérieur à la schématique qui légifère en matière de modification des phénomènes dans le champ de leur apparition.

Nous devons donc continuer à vivre, comme le soutenait déjà Hegel, dans le mépris de la mort : penser l’existence hors de sa finitude (partout supposée) sans l’éventualité de son intervention. Car elle n’appartient pas au monde. Et pour tous les corps appartenant à l’ordre de la phénoménalité, elle vient toujours d’ailleurs. La source de toutes misères de l’homme, ce n’est pas la mort mais la crainte de la mort (Epictète).

 

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mardi 21 avril 2009

Le devenir est un concept métabologique

Visuel_devenir_inoui Le devenir comme catégorie la plus fondamentale de l'Histoire, est cependant irrepérable dans le temps. Il ne fait pas partie des concepts opérant en phénoménologie et dans le domaine de ce qui vient à paraître dans un monde: le devenir ne se voit pas, ne se sent pas et ne s'entend pas..
 
Il a d'abord à faire avec le changement véritable.
 
Si bien que la vraie philosophie selon Nietzsche déjà, comme philosophie de l'avenir, n'est pas plus historique qu'elle n'est éternelle: elle doit être intempestive, toujours intempestive. C'est-à-dire hors des catégories temporelles employées dans l'apparaître des choses.

Pour Nietzsche, ce qui exprime le devenir le plus général, c'est le mouvement de la dégénérescence, celui de la reconnaissance des formes réactives de la vie, des formes accusatoires de la pensée: ainsi l'histoire de la philosophie, des socratiques aux hégeliens, reste l'histoire des longues soumissions de l'homme, et des raisons qu'il se donne pour les légitimer.

L'Histoire quant à elle tient du Prodige; elle est inouïe - elle acte du changement qui se fait sans qu'il soit prévisible; alors que le futur dans le temps est toujours entendu.
 

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dimanche 22 février 2009

Freud et le eBook comme bloc-notes magique

Ebook

" Si je n'ai pas confiance en ma mémoire - on sait que les névrosés en ont manifestement une grande méfiance mais les sujets normaux ont toute raison de se méfier aussi - je puis parfaire et assurer son fonctionnement en prenant des notes par écrit. La surface qui conserve ces notes, que ce soit un tableau ou une feuille de papier, est alors pour ainsi dire un fragment matérialisé de l'appareil mnésique qui, autrement, est invisible en moi. Il me suffit de savoir l'endroit où j'ai placé le " souvenir "ainsi fixé pour pouvoir à chaque fois le "reproduire" à volonté; je suis sûr qu'il reste inaltéré, échappant aux déformations qu'il aurait peut-être subies dans ma mémoire "

Freud Notes sur le Bloc-notes magique 1925

Le fonctionnement de l’appareil psychique peut être comparé à celui d’un reader numérique, un e-Book, à la manière dont le faisait déjà Freud dans sa Note sur le bloc magique :

D’abord dans la mise en réserve et la conservation indéfinie des traces en même temps qu’une surface d’accueil toujours disponible ; ensuite, dans la possibilité d’effacement des traces sur l’écran tactile, comme celle de la perception-conscience, assimilée à la surface intelligente et interactive du reader. De fait, cet effacement virtuel par le stylet appliqué à la page occurrente du livre numérique n’empêche nullement la persistance des traces dans la mémoire de l’appareil – que l’on peut aisément comparer à une sorte d’inconscient machinique.

Enfin, le temps de notre psychè paraît tout à fait comparable à celui de l’écriture numérique : la temporalité comme espacement n’est pas seulement la discontinuité horizontale dans la chaîne des signes mais l’écriture comme interruption et rétablissement du contact entre les diverses profondeurs des couches psychiques, l’étoffe temporelle si hétérogène du travail psychique lui-même - comme

dans  le bloc magique, l’écrit s’efface chaque fois que s’interrompt le contact étroit entre la surface tactile recevant l’excitation et les capteurs digitaux retenant l’impression.

 

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Jean-Philippe Pastor

mardi 25 novembre 2008

Qu'est-ce que l'altérité?

Devenir [...]   
De l'altérité en tant que la distinction  possible/inattendu lui donne sens
.


La véritable altérité est temporale. Au sens où la structure originaire du devenir radical se révèle dans l’événement à travers les multiples revirements inattendus, imprévus qui jalonnent l’existence…

 

Cependant, qu'est-ce qui sépare le possible de l'inattendu?


La limite qui les partage n'est pas fixe. Elle est mobile, en ce sens qu'il est toujours envisageable de donner à la circonférence de la sphère des possibles une extension encore plus grande (Leibniz, circonscrit cette sphère, après Augustin qui ne situait pas son centre et n’évaluait pas son rayon,).

Or, plus le rayon de la sphère augmente, plus l'indétermination du possible dans son contenu grandit. Dire par exemple qu'il est possible qu'un jour le soleil connaisse le sort d'une supernova, ne nous dit rien sur la forme véritable que prendra cet événement, ni d'ailleurs en quoi nous aurons à en subir les conséquences concrètes. De la même façon, dire qu'il était possible que la vie apparaisse dans l'univers n'a a priori aucun sens; car pour juger d'une telle possibilité, il faudrait maîtriser toutes - et intégralement - les conditions initiales qui régissent l'évolution cosmologiques, ce qu'à l'évidence nous ne pouvons nous targuer de savoir. Par essence, on ne peut fixer de borne définitive à l'endroit supposé où l'inattendu surviendra: la frontière qui sépare le possible que nous imaginons de l'inattendu qui nous sur-prend, est toujours et encore en mouvement, et ceci au moment même où la limite s'actualise.


Toutefois, la problématique traditionnelle de l'infini – et ceci est totalement confirmé par l’œuvre de Levinas au XXème siècle - consiste toujours à absorber, et à résorber l'Autre, dans la coïncidence du Même.

 

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Jean-Philippe Pastor

dimanche 19 octobre 2008

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui ...

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'huiJournal
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.

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jeudi 25 septembre 2008

Comment agir dans le monde?

Stoiciens Tout arrive.

La disparition de l'intervalle de temps dans notre rapport au monde nous confronte à la difficulté d'initier des projets, de trouver l'énergie du commencement, de situer en lieu et place la détermination d'un départ.

Or si rien ne part, apparemment tout arrive. Et ceci sans même avoir une idée du voyage. Le trajet disparait au profit d'un surgissement continué dans l'arrivée des choses et des événements dont on ne sait plus d'où ils partent.

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    Jean-Philippe Pastor
  • vendredi 12 septembre 2008

    Tempo de l'écriture sur écran

    Deux temps semblent structurer le tempo de l’écriture hypertextuelle. D’une part le temps présent et vécu (existentiel) du passage entre les différentes parties de l’hypertexte (le mouvement d’écriture est ce ce qui passe, se transforme, se modifie entre les hyperdocuments correspondant aux parties de l'Hypertexte) ; d'autre part le mouvement exprime à un autre niveau le Tout de la solution, son temps propre, sa durée spécifique (et logique) pour l'écriture et la lecture des textes.

    Nous en revenonsCopiste à l’affirmation de Boèce qui, d’un point de vue théologique, considère qu’il n’y a finalement que deux temps, le passé et le futur, renversant par là-même la célèbre formulation d’Augustin dans le livre XI des Confessions : "Les temps sont au nombre de trois, le présent des choses passées, le présent des choses présentes et le présent des choses futures". Au présent d’Augustin que nous nous appellerons existentiel, Boèce oppose un présent total, intemporel et logique. Ici l’éternité diffère de la sempiternitas : distinction absente du De trinitate d’Augustin, envers lequel Boèce déclare pourtant sa dette…

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    Ce livre sur Castoriadis...

    • Ce livre sur Castoriadis (Devenir et temporalité I) interroge les thématiques les plus reprises du grand philosophe, en s'efforçant d'assumer l'héritage de son maître livre " L'Institution Imaginaire de la Société".

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