Nous n'avons plus que la mémoire évanescente d'un monde qui, il y a peu, fut encore descriptible par l'écriture (sa grammaire, sa syntaxe) et que la littérature-papier atteste, comme une mémoire fétiche.
Et encore, cette mémoire- souvenir d'un monde articulé qui se donnait par les mots et les signifiés pourrait bien n'être que le souvenir d'un mirage accrédité par les phrases d'un Texte désigné par un imaginaire littéraire défunt. Aujourd'hui, les mots sont d'abord des images; des signifiants imagés sur des écrans auxquels il faut accorder un sens improbable. La mémoire-habitude s'en empart afin de nous pousser à agir et à vivre dans la communauté. La mémoire-souvenir quant à elle se perd; elle se désagrège sans le support de l'abstraction nécessaire face à l'action présente et sans le prix qu'il faut accorder à l'inutilité, au rêve lorsque la lecture progresse.
Sinon, avec nos livre électroniques, seul le plaisir de l'image - pour elle seule, prévaut.
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