Journal de l'Hypertexte philosophique HYPERTEXTUAL

  • Ce site cherche essentiellement à répondre à la question: Qu'est-ce qu'un hypertexte ? Il est une introduction à l'Hypertexte principal accessible sur Hypertextual.net

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? Damien Guinet
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lundi 05 mai 2008

Le Bruit et la Fureur

Macbeth1 Shakespeare à la fin de Macbeth exprime en toute clarté la définition de la vie comme anti-histoire, continuum étrange où il est difficile de trouver du sens, aussi bien en termes de signification que de direction à en donner.

« C’est une histoire que conte un idiot, une histoire pleine de bruit et de fureur, mais vide de signification ».

Aussi, les genres littéraires prêts à rendre compte de cette situation, au théâtre comme dans les romans, ont-ils à dresser ce constat, sans chercher par l’écriture à ordonner un récit cohérent là où il n’y en a nul besoin. C’est le parti que prend Faulkner dans Le bruit et la fureur.

Alain Robbe-Grillet viendra à théoriser cet état de fait (Le miroir qui revient 1984) : « Tout cela, c’est du réel, c’est du fragmentaire, du fuyant, de l’inutile, si accidentel même et si particulier que tout événement y apparaît à chaque instant comme gratuit et toute existence en fin de compte comme privée de la moindre signification unificatrice ».

Ou bien encore : « L’avènement du roman moderne est précisément lié à cette découverte : le réel est discontinu, formé d’éléments juxtaposés sans raison dont chacun est unique, d’autant plus difficiles à saisir qu’ils surgissent de façon sans cesse imprévue, hors de propos, aléatoire »

Le problème est que l’imprévu n’est pas nécessairement aléatoire ; encore moins inattendu. Et c’est évidemment dans la réflexion sur l’exercice modal de ces surgissements et autres interventions existentielles que la définition de la vie comme anti-histoire doit être reprise.

Et la question de son expression par l’écriture également.

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  • jeudi 01 mai 2008

    Analytique du changement

    Analytique Il existe autant d’images exprimant le changement qu’il existe de façons de changer, de pro-duire.

    Tous ces schèmes imaginaires fonctionnent pour chacun d’entre eux à partir d’un régime de métabolicité autonome. Le schème de la succession fonctionne par exemple sur le modèle généalogique (la représentation du temps s’organisant à partir d’une précession dynastique dans les mythes) et il n’est pas a priori compatible avec celui qui figure l’avant/après selon d’autres types de schématiques, par exemple le modèle de la fabrication artisanale, ou bien encore celui de la métamorphose, celui figurant la variabilité etc…

    En définitive j'appelle "schème" ces modalités dans la signification du changement dont l'analyse révèle pour une chose le fait de devenir, de changer dans un monde. Ils ne sont pas le résultat d'une abstraction à partir de l'expérience; ils sont plutôt les présupposés d'une expérience et rendent cette expérience possible : ils sont logiquement préalables à toute expérience et sont - d'une certaine manière - a priori.

    Assurément, chacun de ces opérateurs imagin-aires ne peut être entendu comme une Intégrale complète, une totalisation de l’espace métabolique global. Le caractère métabolique (c’est-à-dire saisi dans et par le mouvement) et profondément hétérogène des différents types d'images exprimant le devenir exclue toute formalisation uniforme de leur fonctionnement général. Je veux dire lorsqu’on les rassemble dans un espace philosophique commun (à titre d'exemple, la métamorphose indiquant la forme d’une évolution dans un genre narratif particulier ne pourra jamais se confondre avec une procession de type généalogique dans l’histoire narrée, le déplacement d’un objet sur le mode de la translation d’un point A vers un point B ne pourra jamais s’identifier à un simple changement de type qualitatif de ce même objet etc.)

    Aussi, les schématiques trament-elles un topos de réflexion générale dans lequel la pensée accède au Mouvement, et donc indirectement dans et par le mouvement, au temps, et ce dans la mesure où les procédures de vérité concernant le Mouvement se révèlent dans leur compossibilité schématique articulée. L’image qui convient n’est pas celle de l’Intégrale des schèmes en un espace réflexif abstrait, mais plutôt celle d’une libre circulation imaginaire de ces schèmes conjoints, d’un se-mouvoir de la pensée qui réclame dans ce trait comme une analytique rationnelle du Changement (une métabologie à défaut d’une ontologie).

    Cette analytique réclame évidemment un mode d'expression adéquat. Un mode d’écriture dont le texte se montre capable d’exprimer la compossibilité générale des expressions du Changement et dont la forme exige aujourd’hui selon moi une hyper-textualité du genre.

    Dans l’expression conceptuelle de la pensée, des figures locales aussi différenciées que peuvent l’être celles de la généalogie, l’altération, la métamorphose, la succession, la translation, la métabole etc. sont projetées à l’horizon métabolique d’un Sens. Et ce sens ne prétend pas toucher à la vérité révélée dans chacun des cas énoncés (le mouvement est ceci, le changement est cela...) ; simplement à la conjonction orientée de ce qui est vrai lorsque tous ces schémas composent la trame d'un discours rationnel argumenté…

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  • vendredi 18 avril 2008

    Hyperlien plurivoque et pageranking

    Pagerank [...]  A supposer que la technologie du lien plurivoque se généralise sur le Web, il entraînerait aussi des modifications du fonctionnement des moteurs de recherche.

    La technologie développée par Larry Page et Sergey Brin pour la conception du moteur de recherche Google s’appuie encore sur l’algorithme de recherche Pagerank. Le principe de base de cet algorithme se fonde sur les pratiques des milieux scientifiques, des références accordées à un contenu. Transposé au Web, cette méthode détermine l’importance d’une page calculée par Google en fonction du nombre de liens qui pointent vers elle et aussi de l’importance de ces liens. Il s’agit donc d’un processus itératif donc la convergence n’est pas assurée en théorie, mais qui l’est en pratique.

    Pagerank mesure donc l’importance d’une page et non d’une succession de pages susceptibles de faire sens. C’est ce type de calcul qu’il faut remettre en question et seule le déploiement du lien plurivoque en tant que pratique hypertextuelle sur le web peut nous y aider..

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  • jeudi 17 avril 2008

    Lien hypertexte et relation entre lexies

    Lien_hypertexte

    [...]  Qu'est-ce qu'un lien dans un hypertexte intuitif ?

    Un hyperlien est habituellement compris comme une référence dans un système hypertexte permettant de lier automatiquement un document consulté à un document référent.
    Or un lien hypertextuel ne peut se réduire à cette seule et unique relation.
    Ce serait plutôt ce qui unit une lexie à une autre lexie...
    soit donc la mise en relation entre des termes pris dans des acceptations bien spécifiques - celle du lexème par exemple, ou bien encore celle de la locution (phrasème). Une lexie est une entité trilatérale composée de (i): un sens (signifié Saussurien), (ii): une forme phonique/graphique (signifiant Saussurien) et (iii): un ensemble de traits de combinatoire (le syntactique de la théorie Sens-Texte).

    L’hyperlien est donc une notion non seulement plus complexe dans la mise en forme de la relation (elle fait interagir un sens, une forme, une combinatoire...) mais également plurivoque dans la fonction que le lien exerce. On pourrait en dire la même chose que ce qu'Aristote disait de " l'hypokeimenon " (ce qui gît au-dessous la structure) : « En tant qu’il exerce cette fonction, son sens reste invariant, mais sa référence est chaque fois variable. C’est un terme dont le sens est formellement invariant mais dont les référents sont multiples et non homogènes ».

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  • samedi 12 avril 2008

    Le propre du nom propre et sa propriété

    K Il est inutile de vouloir rester soi-même par-delà ce qui vient, de vouloir rester intact et fixe dans un Texte qui défierait le temps : cette propension est non seulement naïve mais, en plus, tout à fait inadéquate à l’exercice de l’écriture contemporaine.

    Ce dont il s’agit, c’est non pas de s’installer dans l’éternité tranquille des maîtres et des auteurs, mais changer, se transformer pour se confondre dans la Grande Métamorphose qui se fait : agir sans nom, sans distinction ; éviter l’emploi des noms qui n’ont de propre que l’impropriété des genres auxquels le propriétaire des droits appartient.

    Alors, nous voyons à quel point les rêves de survie de tous nos grands auteurs sont vains et sans bonté. Tout paraît restreint mais également fautif ; et n’importe quelle action vraie, accomplie anonymement dans le monde semble affirmer sur la mort un triomphe plus juste et plus complet, plus sûr. Du moins tout à fait libre du misérable regret de n’être plus soi quand tout est bouleversé.

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  • samedi 05 avril 2008

    Technologie des objets textués

    Cub

    Nous savons maintenant que toute forme de connaissance, de savoir ou d'idéalité suppose nécessairement l'intervention d'une technique, d'une instrumentation - ne serait-ce que dans l'établissement de nos démonstrations théoriques les plus abstraites...

    Le texte est cet objet littéral qui refuse a priori cette instrumentation. C’est un objet qui inhibe totalement le support par lequel il existe. Il fait de sa consistance une conformité supposée parfaite avec l’idéalité qu’il présente.

    L’hypertexte non seulement admet la part de technicité qui le compose mais, de plus, en fait un enjeu de nature et de littéralité partagée.

    Les nouvelles technologies de l’Idée (au-delà du texte, du livre et des bibliothèques qui structuraient les anciennes) conduisent aujourd’hui à une instrumentation toujours plus poussée des hypertextes. Les scripteurs dépendent de systèmes d’informations et de Content Management qui ont un pouvoir cognitif anonyme démesuré.

    L’Idée n’a plus de valeur d’usage. Elle cesse d’être à elle-même sa propre fin. Mais sa nouvelle valeur d’échange n’est pas pour autant foncièrement corrompue. Elle comprend simplement la considération que tout idéalité (y compris mathématique ou logique) n’a pas d’existence sans milieu matériel et scriptural pour la porter. C’est précisément dans la mesure où l’Idéalité n’est idéelle qu’à la condition de son partage que sa nouvelle valeur d’usage se transforme: qu’elle reprend son devenir-ensemble dans une communauté enfin prête à la discuter.

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  • mercredi 02 avril 2008

    L'objet textué dans la Bibliobole

    Cube L’objet textué, c’est ce qui se garde de nous.

    C’est une mémoire qui apparaît maintenant dans toute sa matérialité et qui s’extériorise pour nous échapper sur le réseau. Non pas que le risque de perdre la mémoire soit aujourd’hui très grand – jamais des « objets investis d’esprit » comme les appelle Husserl n’ont aussi bien su s’organiser pour se protéger des contingences du vivant – mais jamais dis-je, jamais ils n’ont été aussi éloignés de notre psychisme individuel, de notre pensée singulière qui s’en trouve perdue.

    Il nous faudrait pour se les réapproprier imaginer un nouveau concept de bibliothèque.

    Une bibliothèque qui serait un lieu comme un temps de production et de sauvegarde des objets textués. Une Bibliobole plutôt : une sauvegarde active des objets de l’esprit qui nous révèlent enfin toute une métabologie de nos attentions cognitives.

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  • dimanche 09 mars 2008

    Typologie des liens hypertextuels

    Lien  Les liens hypertexte remplissent différentes fonctions discursives dans la Métabole.

    Ces fonctions sont pour l’essentiel déterminées par le contenu des fragments liés au parcours principal initié par le lecteur/scripteur. Mais également par la place occupée par le texte-unité dans le parcours général. Certains liens appellent des fragments d’un ordre strictement "descriptif" qui, même s’ils ne font pas avancer le raisonnement directeur, participent à l’univers démonstratif de l’Hypertexte. D’autres liens font au contraire clairement avancer la pensée du scripteur et peuvent être dits "liens inférentiels" (ils sont rassemblés dans le champ flash de la partie supérieure de la page en cours). Ils sont prioritairement des liens par lesquels se construit le parcours démonstratif principal. Ils décrivent la charpente du discours, son organisation logique. Ils constituent, en paraphrasant Barthes, « les noyaux de la fable », à savoir les idées-mère du discours.

    Liens descriptifs d’un côté et liens inférentiels de l’autre sont, quoi qu’il en soit, porteurs d’une fonction métabologique dans l’élaboration du texte-se-faisant : ils sont comme des shifteurs, des embrayeurs du parcours principal qui initient le mouvement général de l’Hypertexte : ils sont dotés de caractéristiques temporelles propres aux choix délibératifs du lecteur/scripteur influant directement sur la forme générale du Texte.

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  • samedi 08 mars 2008

    Structure apocalyptique de la langue

    Christ L’hypertexte traite toujours implicitement d’un double rapport à la langue. Une langue qui vous tient sous sa coupe lorsqu’elle est en ligne, qui vous met en attente d’un dire, qui vous oblige à vous prononcer, à lire ou écrire (vous êtes en ligne...) avant que tout finalement ne disparaisse.

    Une langue qu’il faut donc affronter mais sans la combattre. Et ceci afin de laisser apparaître une autre langue sous-jacente en la langue, un texte plus ancien, plus archaïque pour écrire une fois de plus noir sur blanc sur écran. Et cela se fait à vif. Car ces mots, ces phrases, cette vie des textes manifestent l’essence virtuelle de la langue au sens le plus général. Elle se répète chaque fois et apparaît pourtant comme une autre dans chacun des cas présentés. Il existe comme une virtualisation permanente dans l’être de l’hypertexte, dans l’être de sa syntaxe. Et c’est dans la langue la plus usuelle, à même les mots, que l’expérience de l’appariation/disparition des mots s’exerce déjà.

    Dans ce contexte, l’hypertexte met au jour – et plus encore que le texte  - la structure apocalyptique de la langue. C’est-à-dire l’imminence continuée de la fin de la lettre sur l’écran, d’une destruction complète de la page occurrente et la promesse concomitante d’un nouvel idiome à venir.

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  • mardi 04 mars 2008

    Biographèmes

    Littrature_texte_criture L'auteur d'un hypertexte, pour paraphraser Valéry, n'est positivement personne.

    Il peut être considéré comme une des fonctions du langage hypertextuel, et de la littérature numérique comme langage. Cette fonction langagière peut même détruire le locuteur, le désigner comme absent.

    Déjà Kafka découvre qu'il est entré en littérature lorsqu'il  a substitué le il au je... Blanchot ajoute à ce propos que l'écrivain appartient dorénavant à une langue que personne ne parle, qui ne s'adresse à personne, qui n'a pas de centre, qui ne relève de rien.

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    • Symbolique de la mise en page, Moonstone 2005
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    • Hypertextual s'organise comme un Tout textuel dont l'unité dépend de plusieurs modalités littéraires. Ce sont les principes de fonctionnement de l'Hypertexte qui sont ici présentés. Télécharger:
    • Huit Hypothèses, Moonstone 2002
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    • L'ultime ontologie de la Création de Cornelius Castoriadis 1994/1997. Télécharger:
    • Monde des possibles et fragmentation de l'Être/étant, Moonstone 2003
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